vendredi 16 novembre 2018

Le cheval « dangereux »

Quand le cheval a un comportement dangereux, qu'il se lève, se cabre, embarque ou bouscule, alors il faut comprendre pourquoi il agit ainsi.

Trop souvent la personne va prêter au cheval des motivations qui seraient celles que pourrait avoir un autre être humain : le cheval se moque de nous, il « fait du cinéma », il simule pour nous tromper... Souvent les motivations évoquées sont en relation avec l'ego de la personne. Elles conduisent alors toutes à la même conclusion : il faut montrer au cheval qui est le Chef, le « dominant ». Il s'ensuit un usage de fermeté excessive, de force, de punitions, ou même de violence.

Mais un cheval est un cheval et doit être considéré comme un cheval. Ses motivations ne sont pas celles d'un être humain. Si un cheval réagit dangereusement, c'est qu'il veut se protéger. Le cheval veut le confort et la sécurité. Face à l'inconfort et à une menace, il réagira pour retrouver le confort et la sécurité. Plus l'inconfort est grand ou plus la menace est perçue comme importante, alors plus la réaction sera forte. La réaction sera celle qui dans le passé a permis au cheval de retrouver confort et sécurité dans une situation similaire.



C'est l'instinct de survie du cheval. Il ne cherche qu'à se préserver. Nous devons reconnaître cet instinct dans le cheval. C'est ce qui nous permettra d'avoir la bonne attitude pour l'aider. Si on est « dans son camp » et que l'on guide et que l'on aide le cheval pour qu'il retrouve le confort et la sécurité, alors il développera sa confiance en nous. Avec cette confiance, il pourra prendre confiance en son environnement et en lui.

Si on ne reconnaît pas cet instinct de survie alors le cheval pensera qu'il ne peut compter que sur lui-même. Nous pouvons même nous retrouver dans une situation où nous sommes un obstacle entre lui et sa sécurité. C'est là que le cheval peut constituer une grave menace pour notre propre sécurité.

Si le cheval n'a pas confiance en nous et qu'il pense que sa sécurité est en cause, alors il fuira sans considération pour nous. Si on est au sol, il pourra nous piétiner. Si on le monte, il pourra embarquer sans écouter nos aides et sans se préoccuper des conséquences pour nous.

Si la fuite n'est pas possible ou suffisante, il pourra se cabrer ou ruer. Si on monte, la chute est probable, et dans un cabré, le cheval peut même se retourner sur nous. Si on est au sol, on peut être blessé par un coup de sabot. Ce n'est pas que le cheval nous attaque, il ne fait que se défendre, mais même si son action dangereuse n'est pas dirigée contre nous, ce n'en est pas moins dangereux.



Quand le cheval a ce type de comportement, il peut parvenir, d'une manière ou d'une autre, à retrouver du confort et de la sécurité. Dans ce cas, il apprend à reproduire le comportement dangereux.

Par exemple, un cheval qui a des dents de loup peut souffrir quand on utilise les rênes et que le mors entre en contact avec ces dents. S'il se cabre et que l'on tombe, il retrouve le confort, puisqu'on a lâché les rênes. Le cheval apprend que se cabrer permet d'échapper à une douleur dans sa bouche. Il suffit de quelques fois pour que cheval reproduise le comportement à chaque occasion similaire. Le cheval est devenu « dangereux » mais de son point de vue, il ne fait que faire ce qu'il doit faire pour se protéger, sur la base de son expérience.

Si on pense que le cheval qui a un comportement dangereux ne fait que se moquer de nous, alors au lieu de l'aider on cherchera à le « mater ». Alors que le cheval est déjà dans l'inconfort et dans l'insécurité, on n'augmentera par nos actions cet inconfort et cette insécurité. Peut-être qu'on peut combattre la peur par une plus grande peur, mais à quel prix? Quel sentiment peut alors avoir le cheval pour son cavalier ? Le risque est aussi fort que l'on ne fera que jeter de l'huile sur le feu, et qu'on poussera le cheval à une réaction encore plus extrême, réaction qu'il pourrait ensuite reproduire puisque nous lui avons appris.

Si au contraire on reconnaît l'instinct de survie du cheval et si on comprend comment cet instinct se manifeste, alors on aura une explication correcte expliquant son comportement. Grâce à ceci, on pourra déterminer comment réellement l'aider.

Si le cheval a appris à reproduire un comportement dangereux, il ne suffira pas d'offrir du confort. Il faudra aussi causer de l'inconfort quand il a le «mauvais» comportement. Il s'agit toujours de ce principe : rendre facile la bonne chose et rendre difficile la mauvaise chose. Pour rendre difficile la mauvaise chose, il peut être nécessaire d'être ferme avec le cheval, mais toujours, on offre aussi le confort autant que l'inconfort, et on lui laisse le choix.

Il ne faut jamais punir mais créer la situation qui permet au cheval de faire le choix de changer son comportement.

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lundi 8 octobre 2018

Attention et rectitude

Quand l'attention du cheval est sur un point et qu'il se dirige vers ce point, alors il y a toutes les chances pour qu'il se déplace en étant calme et droit.

Pensez à un cheval dans son pré. Si on dépose du grain, alors son attention sera sur la nourriture et il se déplacera vers celle-ci. Il dirigera ses oreilles vers l'objectif et alignera son corps. Ces pieds fonctionneront de manière homogène, et son poids se répartira entre les pieds, l'avant-main fonctionnant avec l'arrière-main, l'un complétant l'autre.



Si au contraire son attention est sur un point et qu'il se dirige ailleurs, alors il y toutes les chances qu'il se déplace sans être droit. Il sera aussi probablement contracté.

Pensez maintenant à un cheval dans un pré qui est chassé par un autre cheval qui le menace de lui mordre la croupe. Il fuira à l'autre bout du pré, mais son attention sera derrière lui, sur son poursuivant . Il aura au moins une oreille orientée vers lui. Son encolure sera courbée, et le reste de son corps aussi. Son corps va se contracter et ses pieds ne seront pas équilibrés.




Quand on est avec notre cheval, que ce soit au sol ou monté, on peut essayer de ressentir où se porte son attention. On peut aussi observer comment son attention change, et comment nos propres actions peuvent aussi conduire le cheval à rediriger son attention. Parfois, ces actions sont volontaires, et parfois elles sont involontaires. Sans le vouloir, on peut diriger l'attention du cheval au mauvais endroit. Il faut être attentif à comment nos actions influent sur son attention.

Sommes-nous capables de faire en sorte que l'attention du cheval soit là où il doit aller? Sommes-nous capables de visualiser par où le cheval doit passer et de diriger notre propre attention ?

Avant même le premier pas, on peut visualiser ce que l'on veut que le cheval fasse et où on veut le diriger. Notre attention peut aider le cheval à diriger son attention et à se  préparer. Ainsi, quand le cheval part, si son attention et la notre se confondent, il pourra être droit.

Le cheval droit, c'est quand le cheval et son cavalier vont au même endroit d'un même accord.

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samedi 15 septembre 2018

Reconnaître l'instinct de survie du cheval

Nous le savons : le cheval est une proie, et sa nature fait que son instinct de survie est très fort.

Pourtant nous avons parfois tendance à oublier ce fait. Nous voulons que le cheval réponde à nos demandes ; quand il résiste ou veut se soustraire à nos demandes, nous pensons qu'il se moque de nous et que nous devons faire preuve d'autorité. Pourtant, il se peut que si le cheval agit comme il agit, ce n'est pas par malice, mais parce qu'il suit son instinct de survie.

Quand le cheval est préoccupé, il a besoin qu'on reconnaisse ce sentiment en lui. Il a besoin de voir qu'on comprend sa préoccupation et ce qui la cause. Il veut voir qu'on adapte notre attitude et notre comportement en fonction de ce qu'il ressent.

Le simple fait que l'on adapte notre attitude quand il est préoccupé lui montre qu'on reconnaît ses sentiments. Cela ne veut pas dire qu'on doit laisser le cheval prendre le dessus, ni qu'on doit le cajoler et le surprotéger à la moindre émotion. Il s'agit juste de comprendre ce qu'il ressent et de le guider et de l'aider.

Si alors que son instinct de survie est engagé, nous reconnaissons ce sentiment en lui et nous agissons pour lui apporter confort et sécurité, alors nous obtiendrons sa confiance. Il est prêt à nous suivre, non pas parce qu'on est «supérieur» mais parce qu'on sait lui montrer le chemin de ce qu'il doit faire pour retrouver la sécurité.



Ceci semble simple, mais souvent nous passons à côté de la compréhension dont le cheval à besoin.

Parfois le cheval est préoccupé, mais nous nous en rendons pas compte. Ou nous tardons à le réaliser. Ou on le réalise, mais nous ne comprenons pas la cause de son émotion. Nos sens sont moins sensibles que ceux du cheval ou nous ne sommes pas assez attentifs. Il se peut aussi qu'on perçoit ce qui préoccupe le cheval, mais qu'on ne comprenne pas que cette chose puisse causer une telle émotion. Quand un cheval est préoccupé, il ne simule jamais. Si on n'en comprend pas la raison, ce n'est pas qu'il agit sans raison : c'est que nous n'avons pas encore réussi à comprendre la raison. Nous devons alors nous efforcer à identifier cette cause et à comprendre la réaction qu'elle provoque.

Parfois nous comprenons que le cheval est préoccupé, et même nous comprenons ce qui le préoccupe, mais nous décidons de ne pas le prendre en compte. Autrement dit, nous pensons que le cheval doit avant tout répondre à nos demandes, et donc nous ignorons son état d'esprit et nous n'adaptons pas notre approche et notre attitude. Si nous agissons ainsi, il faut réaliser que cela peut être très angoissant pour le cheval lorsqu'on ignore totalement ce qu'il ressent. Si son instinct de survie est déjà engagé, cela ne fera qu'aggraver la situation, et le cheval sera encore moins en capacité de répondre à nos demandes.

Le cheval a besoin de savoir que quoiqu'il arrive, nous sommes avec lui. Il a besoin de comprendre qu'on ressent ce qu'il ressent, à chaque instant, et qu'on agit en fonction de ce qu'il ressent. Le cheval aussi ressent ce que nous ressentons et agit en fonction. Il le fait en permanence et attend la même chose de nous.

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dimanche 12 août 2018

Ensemble au sol

Au sol et le cheval en main,le cheval doit avancer avec nous. Il doit rester à nos cotés, sans qu'il soit nécessaire de tendre la longe et sans qu'il cherche à nous devancer.

Si on marche lentement, le cheval marche lentement. Si on marche vite, il marche vite. Si on court, il trotte avec nous.

Quelle que soit la vitesse, si on tourne à gauche ou à droite, il nous suit, sans qu'il soit nécessaire de le pousser ou de le tirer, car il garde une distance constante avec nous.

Si on s'arrête, il s'arrête. Si on recule, il recule. Il suit chacun de nos pas.

Le cheval doit être avec nous au sol, quelles que soient les circonstances. Dans la carrière ou le manège, dans les allées de l'écurie, en extérieur, que le cheval soit distrait, effrayé ou attiré par quelque chose.



C'est un objectif simple que l'on peut se fixer: qu'au sol, le cheval soit toujours avec nous. C'est une unité à créer. Nous menons et il suit ; c'est comme un enfant qu'on tient par la main, ou comme un couple de danseurs où l'un mène la danse et l'autre partenaire se laisse guider.

Créer cette unité au sol est moins simple qu'il n'y paraît. C'est une chose simple et qui n'a rien de spectaculaire, mais c'est une petite chose qui fait une grande différence.

Parfois, on me demande: «quel est le meilleur exercice à faire dans le travail au sol ?». Une chose simple mais importante à travailler est que le cheval reste avec nous quoi qu'on fasse et quoi qu'il arrive.

Comment espérer que le cheval soit vraiment avec nous quand on le monte, si déjà au sol,  nous n'avons pas réussi à créer par la communication une relation d'unité?

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dimanche 1 juillet 2018

Sauter en liberté

Le travail au sol est un moyen pour améliorer le travail monté. Si on fait sauter un cheval au sol, cela peut être un moyen pour l'aider à mieux sauter une fois monté. En particulier, un cheval qui manque de confiance, dérobe ou pile face à l'obstacle peut bénéficier de ce travail au sol, et ceci sans risque de chute pour le cavalier.

Il est possible de faire sauter un cheval en main, mais il est facile de le gêner avec la longe. Si le cheval possède les bases du travail en liberté, il sera plus commode de le faire sauter en le laissant libre. L'idéal est de travailler dans un petit manège dans lequel on peut facilement rester avec le cheval.

En démarrant au plus facile et en procédant très graduellement, la progression sera plus facile et plus certaine. Le plus facile est de démarrer avec un seul obstacle et de positionner celui collé à la longueur du manège. Le cheval pourra toujours l'éviter en passant par l'intérieur, mais il ne pourra pas se dérober par l'autre côté.

Quelle hauteur d'obstacle pour démarrer? Le plus facile, c'est de commencer avec la barre au sol. Le premier objectif est que le cheval doit comprendre qu'il doit passer l'obstacle, et laisser la barre au sol va l'aider.





Il suffit alors de marcher avec le cheval sur la piste. Quelques mètres avant l'obstacle, on se met à trottiner pour que le cheval trotte également et on désigne l'obstacle. Quand le cheval est bien face à l'obstacle, on se met en retrait et on laisse le cheval sauter la barre. Après le saut, on le félicite et on lui laisse le temps d'apprécier son exploit.

Cela doit toujours rester le choix du cheval que de sauter ou de ne pas sauter. On ne doit pas chercher à «coincer» le cheval d'une manière ou d'une autre pour le forcer à sauter. S'il saute, il est récompensé, s'il ne saute pas, alors ce n'est grave, il suffit de continuer à courir avec lui, de refaire un tour, et il y aura une nouvelle chance. Peut-être qu'il faudra plusieurs tours avant qu'il ne choisisse de sauter. À nous d'être patient, et de continuer jusqu'au moment où il prendra la décision que l'on espère.

Nous rendons facile la bonne chose et difficile la mauvaise chose. La «bonne chose» c'est que le cheval saute, ce qui lui amène le confort : félicitation et repos. La «bonne chose» c'est aussi que le cheval accepte de se mettre face à l'obstacle, prêt à sauter, et c'est pourquoi se mettre en léger retrait au moment du saut est important. Nous faisons moins de pression sur lui en prenant un peu de distance, et cela le récompense d'aller vers l'obstacle.



La «mauvaise chose», c'est qu'il dérobe ou pile. Il suffit alors de le faire repartir avec énergie. Cela lui demande de continuer à travailler et cet inconfort est suffisant. Il est inutile de réprimander.

On offre un choix au cheval, sauter ou ne pas sauter. L'un de ces choix apporte un inconfort et l'autre le confort. Il va prendre sa décision, qui est de sauter.

Quand le cheval réussit à sauter à une main, alors on peut le faire sauter à l'autre main.

Quand il a sauté aux deux mains, on peut lever la barre un cran plus haut.



Quand il saute bien l'obstacle sur le bord du manège, on peut rapprocher l'obstacle du centre du manège. Alors le cheval pourra dérober des deux côtés et c'est une difficulté. Pour faciliter cette transition, on pourra remettre la barre au sol et commencer à la remonter au fur et à mesure des succès.

Quand le cheval passe un obstacle de manière fiable, quelque soit son emplacement, on peut essayer d'ajouter un obstacle. Puis, un troisième quand cela fonctionne avec deux, et ainsi de suite jusqu'à avoir un parcours.

Il est aussi possible de varier les obstacles, d'en changer le type, d'y ajouter des objets étranges, comme une bâche, un parapluie, un drapeau...

Il n'y a que notre imagination qui peut nous limiter ; il s'agit à la fois de varier les choses pour maintenir l'intérêt du cheval et le faire progresser tout en restant progressif pour qu'il finisse toujours par réussir.

Si le cheval ne réussit pas car on lui en a demandé trop, alors il ne faut pas hésiter à revenir en arrière et à lui proposer à nouveau quelque chose qu'il va réussir. Chaque séance doit se terminer sur un succès. L'important n'est pas d'arriver à un résultat donné un jour donné : il y aura toujours un lendemain pour faire mieux qu'hier. L'important est que le cheval gagne en confiance, dans les obstacles, en nous, et en lui-même. Quand c'est le cas, on pourra être surpris de voir le cheval prendre un grand plaisir à sauter à nos côtés.

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jeudi 7 juin 2018

Désensibiliser ou donner du sens?

Quand le cheval ne peut se soustraire à un inconfort quoi qu'il fasse, son instinct de survie va prendre le dessus. Il va possiblement essayer de fuir ou même de combattre.  Cependant, il peut y avoir un moment pour lui où tout semble inutile, et il peut alors apprendre à tolérer l'inconfort.

On parle alors d'habituation ou de désensibilisation.

Dans certains cas, la désensibilisation va nous servir. Par exemple, le jeune cheval au débourrage risque de percevoir la selle comme un inconfort. On peut le préparer à recevoir la selle, mais il y aura toujours le moment où on devra sangler la selle pour la première fois. À ce moment, le cheval n'aura pas d'autre option que d'accepter la selle. Selon le cheval et la préparation, cette acceptation peut survenir avec plus ou moins de réactions de la part du cheval. Certains essaieront de fuir, de se débarrasser de la selle, mais la selle restant accrochée sur le dos, le cheval finira par l'accepter.

Pour ceci, le cheval diminue sa sensibilité. Comme dans cet exemple, c'est parfois nécessaire, mais il y a des conséquences.

Avez-vous envie de perdre votre sensibilité ? Pour ma part, je pense que ma sensibilité est une richesse et je crois que chaque être vivant doit pouvoir être sensible.

Un cheval sensible saura s'exprimer avec brio

 Les chevaux sont des animaux naturellement très sensibles. Doit-on accepter cette sensibilité ou doit-on la réduire ? On parle beaucoup dans le monde du cheval de la désensibilisation et on voudrait pouvoir désensibiliser le cheval à tout ce qui peut le faire réagir.

Désensibiliser un cheval à quelque chose est facile. On trouve aisément des cours et des vidéos expliquant comment désensibiliser.

Si on abuse de la désensibilisation, alors le cheval perdra globalement sa sensibilité. Il ne réagira plus à rien et au lieu d'avoir un cheval alerte et réactif, nous devrons utiliser des pressions importantes pour obtenir une réaction.

Notre objectif premier ne devrait pas de désensibiliser le cheval mais de le rendre capable d'analyser une situation, de prendre sur lui, et de lui apprendre à se tourner vers nous.

Notre rôle est de rendre le cheval plus fort, plus expérimenté, plus confiant : nous pouvons préparer pour lui des expériences qui lui permettent d'apprendre à mieux connaître le monde qui l'entoure. C'est un processus d'apprentissage du cheval et on doit le soutenir dans son effort, pas le forcer à se résigner.

Il est normal que le cheval soit sensible. Comme le cheval est sensible et que son instinct de survie est fort, il est normal qu'il puisse avoir peur. Nous devons accepter ce qui fait sa nature, et le guider pour qu'il apprenne à appréhender ce qui peut l'inquiéter, avec notre support.

Pour ceci, on peut penser à ces quelques pistes de réflexion dans notre travail:

Quand quelque chose fait peur au cheval au point de poser un problème, alors il faut adresser le problème. Pour ceci, on doit habituer le cheval à cette chose, mais sans excès, et sans chercher absolument à ce que le cheval devienne totalement indifférent.

Quand le cheval a peur, on peut laisser le maximum d'initiative au cheval et lui imposer le minimum de choses. Plus on lui laisse le choix entre fuir et explorer,  plus il surmontera ses peurs par lui-même. Quand le cheval fuit, ce n'est pas grave, car on peut toujours le conduire à revenir affronter sa peur. Quand le cheval décide d'aller de l'avant, d'explorer, alors c'est le moment où nous pouvons lui donner le maximum de confort et de liberté. En effet, ce que nous souhaitons récompenser, ce n'est pas le moment où le cheval n'a plus peur, c'est le moment où le cheval accepte de prendre sur lui pour contrôler sa peur.


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vendredi 25 mai 2018

Equilibrer

Dans les mouvements qu'il fait, le cheval doit rester équilibré. Plus le cheval sera équilibré, et plus il aura de facilité à effectuer une manœuvre. Moins le cheval est en équilibre, plus il sera gêné dans ses mouvements. Déséquilibré, il peut être perturbé, car il sent qu'il est à la limite de la chute, laquelle peut effectivement se produire.

Le cavalier vient perturber l'équilibre naturel du cheval en surchargeant l'avant-main. Si le cheval a naturellement plus de poids sur l'avant-main, le cavalier vient encore accroître ce déséquilibre.

Pour s'équilibrer, le cheval peut utiliser son corps. Principalement, il peut s'équilibrer à l'aide de son encolure, de sa tête et en engageant ses postérieurs.

En déplaçant son encolure et en fléchissant plus ou moins sa tête, il déplace le poids de son encolure et de sa tête par rapport au reste du corps. Ceci va déplacer son centre de gravité.

En engageant ses postérieurs sous son corps, il reporte son poids sur l'arrière-main et allège donc l'avant-main.

Si le cheval a du fait du cavalier trop de poids sur l'avant-main, il doit se rééquilibrer vers l'arrière. Ceci passe par le fait de relever l'encolure, fléchir la tête et engager les postérieurs : c'est l'objectif du rassembler.

Pour permettre au cheval d'être équilibré, nous pouvons avoir deux approches.

La première est d'amener le cheval dans une position lui permettant d'avoir un meilleur équilibre et de l'y maintenir.

La seconde est d'aider le cheval à s'équilibrer par lui-même.

Qui est le mieux placé pour savoir comment s'équilibrer au mieux sinon le cheval lui-même? Il peut à chaque instant ressentir comment il est équilibré et aussitôt utiliser son corps pour s'équilibrer.

Le cheval bien mis s'équilibre par lui-même


Pour arriver à ce résultat, le cheval doit apprendre à équilibrer son corps avec le cavalier. C'est notre rôle de créer des situations dans lesquelles le cheval devra travailler à cet équilibre. Pour ceci, il faut mettre le cheval dans des situations où l'équilibre est menacé, ce qui le poussera à utiliser son corps pour s'équilibrer. Il apprendra ainsi, avec notre soutien, à s'équilibrer.

Ces situations sont simples: il y a les pentes et les transitions.

Quand il monte ou qu'il descend une pente, le cheval devra s'équilibrer. Au début, nous pouvons nous assurer que le cheval reste au pas. Puis laissons le plus possible aller les rênes, qu'il puisse positionner son encolure et sa tête avec le plus de liberté possible. Le travail en descente est le plus intéressant, car il conduit au relèvement de l'encolure et à l'engagement des postérieurs, c'est-à-dire ce que nous souhaitons obtenir dans le rassembler.

Dans la transition, le cheval voit son équilibre menacé. C'est donc une chance pour le cheval de travailler son équilibre. Cependant, le déséquilibre provoqué par la transition est bref et donc le cheval a plus de difficulté à apprendre que dans le travail en pente.

Quand le cheval travaille bien dans la pente et dans les transitions sur le plat, alors on peut combiner les deux. On peut privilégier les transitions dans la descente, en particulier pas-arrêt-reculer. Le fait de stopper puis de reculer dans une descente permet au cheval d'alléger son avant-main et d'engager davantage les postérieurs.

La nature offre des opportunités d'apprentissage


Une autre situation, similaire à la pente, est de travailler sur une marche. Si on n'a pas de marche à notre disposition, on peut construire un dispositif avec des palettes en bois que l'on renforce pour supporter le poids du cheval.

Une autre variation, est de construire une grande bascule avec un plan en bois qui repose sur un rondin ou une poutre. La bascule permet d'offrir un défi intéressant aux chevaux.

Nous pouvons imaginer d'autres situations ; le principe est toujours le même : mettre le cheval dans une situation dans laquelle il doit rétablir son équilibre et lui laisser apprendre à utiliser son corps pour assurer son équilibre. Si dans une telle situation nous pouvons ponctuellement aider le cheval, nous devons surtout le plus possible le laisser libre. Ce ne sont pas nos mains qui alors agissent pour placer le cheval. Au contraire, essayons de ne pas le gêner pour utiliser son corps, et pour ceci, rendons-lui les rênes autant que possible.

Créons une situation permettant au cheval d'apprendre. Puis, faisons-lui confiance pour mener son apprentissage. Notre rôle est de le guider et de le soutenir, en lui laissant le maximum d'autonomie.

En ne travaillant que dans la carrière et dans le manège, on a moins d'opportunités pour créer de telles situations. 

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mardi 1 mai 2018

Le cheval qui refuse d'avancer

Il peut arriver lors d'une promenade que le cheval stoppe soudainement sans raison apparente.

Le premier réflexe est alors de lui demander d'avancer à nouveau, mais s'il ne veut vraiment pas avancer, alors ses pieds resteront figés sur le sol.

Bientôt, devant ce refus, on demande plus fort : plus de jambes, cravache, éperons... Pourtant, le cheval ne veut toujours pas avancer, et un conflit s'installe. On met de la pression, on exige, mais rien n'y fait et le cheval cherche ce qu'il peut faire face à cette pression, sans pour autant avancer.

Il peut alors essayer de faire demi-tour, de sortir du chemin, et dans ce cas, nous allons essayer de le remettre dans la bonne direction, de l'y maintenir, pour lui demander d'avancer à nouveau.

Comme le cheval ne veut pas avancer et qu'il ne peut pas partir, il va chercher une autre solution. Il peut alors essayer de reculer, et plus on lui demande d'avancer, plus il recule. Il peut aussi aller vers des comportements plus dangereux, tel que se cabrer ou ruer. On veut avancer, mais le cheval ne veut pas avancer, et un conflit s'est installé. Le cheval adopte une défense, et si celle-ci est efficace, alors le comportement est susceptible de se reproduire les jours suivants.

Comme le cheval ne semble pas avoir de raison valable pour s'arrêter, on peut penser, à tort, que le cheval se moque de nous ou veut prendre le dessus. Croire ceci peut nous inciter à exacerber le conflit.



Généralement, un cheval refuse d'avancer car son instinct de conservation lui dicte de le faire. Qu'il s'agisse de peur ou d'anxiété, forcer le cheval à avancer contre son gré ne permettra pas de le rendre plus confiant.

Il est impossible de diriger un cheval qui n'avance pas.  Si les pieds du cheval sont comme gelés, il faut d'abord les débloquer et obtenir que le cheval bouge. Peu importe dans quel sens le cheval acceptera de se déplacer : devant lui, sur la gauche ou sur la droite, pour peu qu'il se déplace.

Plutôt donc que de forcer le cheval à continuer dans la direction que l'on souhaite, attachons-nous à obtenir un mouvement en déverrouillant ses pieds.

Sans utiliser les jambes, on peut utiliser une rêne directe, à gauche ou à droite, en mettant la main très à l'extérieur. La main doit exercer une pression latérale, sans tirer vers l'arrière. Maintenez cette pression, et attendez que le cheval se déplace d'un seul pas de côté. Quand le cheval bouge ses pieds, cessez toute pression sur la rêne. Le cheval s'est déplacé, peut-être juste d'un seul pas, mais c'est bien ce que l'on souhaite et on doit lui signifier en offrant du confort.

Si bien que l'on ait maintenu la pression sans rien faire, le cheval ne se décide pas à bouger, au bout d'un moment, essayez de le décider en tirant rythmiquement sur la rêne, comme en «pompant», sans relâcher la pression, et ceci jusqu'à obtenir un pas.

Quand le cheval a accepté de se déplacer d'un pas d'un côté, attendez quelques instants puis prenez la rêne de l'autre côté, et procédez de la même manière, pour obtenir un pas de l'autre côté. Recommencez encore, et en allant un pas à gauche, un pas à droite, puis à gauche et ainsi de suite, le cheval va avancer. Dès que le cheval fait un seul pas en avant, caressez-le quelques secondes.

Ce que nous nous attachons à faire, c'est que bouger ses pieds apporte du confort au cheval alors que rester immobile apporte un inconfort. Ceci doit l'amener à la «bonne» décision: bouger. Si le cheval accepte de bouger ses pieds, c'est un progrès et on peut construire sur ces bases, quelle que soit la direction qu'il ait pris.

Dès qu'il se déplace, allons avec lui. C'est une fois que l'on est avec lui que l'on peut commencer à lui demander d'aller avec nous. On peut alors essayer de lui demander de reprendre la direction que l'on souhaite.

Quand le cheval refuse d'avancer par peur ou anxiété, il a besoin de notre soutien, de nos encouragements et parfois, besoin de temps pour examiner et comprendre la situation pour décider qu'il peut avancer. Il n'a pas besoin de subir des mesures de coercition visant à le faire avancer dans une direction imposée qu'il ne peut accepter.

Ce qui peut nous guider sur ce que nous devons faire pour aider le cheval, c'est de comprendre ce qu'il ressent dans la situation dans laquelle il est, de voir les choses de son point de vue. Le cheval a toujours des raisons pour agir comme il agit ; si nous pouvons comprendre ses raisons, nous pouvons avoir des actions appropriées.


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dimanche 15 avril 2018

Aider le cheval à avoir confiance dans son environnement

Le cheval recherche le confort et la sécurité. Il peut les trouver dans son environnement, auprès du cavalier et enfin en lui-même. En attendant qu'il prenne confiance en nous et en lui, le confort et la sécurité qu'il peut trouver dans son environnement revêtent une grande importance.

Pour le cheval, il existe des endroits qui représentent le confort et la sécurité, tandis que d'autres endroits représentent l'inconfort et l'insécurité.

La sortie du manège, le box, un endroit du pré, l'écurie, un cheval ami, le tas de foin recouvert d'une bâche qui claque au vent, le tracteur, le van, le côté de la carrière qui est le long de la route, une haie d'arbres... Ses endroits, confortables ou inconfortables, seront différents selon chaque cheval.

Si le cheval pense à un endroit confortable et qu'il est en est éloigné, il sera anxieux. Il sera d'autant plus anxieux que l'éloignement est grand.

S'il pense à un endroit inconfortable et qu'il en est proche, alors il sera anxieux. Il sera d'autant plus anxieux que l'éloignement est faible.

Dans les deux cas, il voudra se déplacer, soit pour se rapprocher de l'endroit confortable, soit pour s'éloigner de l'endroit inconfortable.

Si nous bloquons ce déplacement, ou si nous voulons forcer le cheval à se déplacer dans un sens contraire, alors l'anxiété du cheval va augmenter.


 Chaque cheval peut supporter une dose d'anxiété qui lui est propre. Pour certains, leur tolérance est faible, pour d'autres, elle est plus importante. Pour chacun, il y a une limite et quand cette limite est franchie, alors le cheval, poussé par son instinct de survie, réagira d'une manière extrême. Même si cette limite n'est pas franchie, le cheval ne suivra pas nos demandes de bonne volonté. Ceci peut être frustrant pour nous et nous pouvons aussi aller au conflit.

Le cheval veut aller vers un endroit ou s’éloigner d'un autre. Son cerveau dirige ses pieds, au travers de son corps et de ses jambes. Essayer de contrôler ses pieds sans agir sur ce qui se passe dans son cerveau ne résoudra pas le problème. Plutôt que d'aller contre le cheval, nous pouvons aller avec lui et voir comment changer son état d'esprit.

Nous pouvons essayer de rediriger son attention sur autre chose, ce qui peut aider ponctuellement. Nous pouvons aussi essayer de changer sa façon de voir les choses.

Si son attention est sur un endroit confortable, nous pouvons essayer de rendre cet endroit plus inconfortable tout en rendant les autres endroits plus confortables.

Par exemple, si un cheval pense que la sortie du manège est confortable, dès qu'il s'approche de cet endroit, stimulons-le avec nos jambes pour qu'il travaille, sans chercher à le diriger. Dès qu'il s'éloigne, cessons d'utiliser nos jambes pour lui offrir du confort. Bientôt, la sortie du manège sera vue comme un endroit moins confortable que d'autres endroits dans le manège. 

Si son attention est sur un endroit inconfortable, nous pouvons essayer de rendre cet endroit plus confortable tout en rendant les autres endroits plus inconfortables.

Par exemple, si un cheval a peur du côté de la carrière qui longe la route, travaillons vivement dans le reste de la carrière et offrons-lui se reposer justement prêt de la route. S'il veut s'en éloigner, alors travaillons-le encore pour à nouveau lui permettre de se reposer à cet endroit. Il arrivera un moment où le cheval prendra la décision de se reposer à cet endroit qui sera alors perçu comme plus confortable.

En rendant plus ou moins confortable certains endroits, nous pouvons aider le cheval à changer de point de vue sur son environnement, pour qu'il décide de changer son comportement. Ceci va aussi le rendre progressivement plus confiant dans son environnement. S'il acquiert plus de confiance dans son environnement avec notre soutien, sa confiance en nous grandira aussi. S'il prend confiance dans son environnement et en nous, il prendra confiance en lui.

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jeudi 22 mars 2018

Changer pour progresser

Certains cavaliers constatent qu'ils ne progressent plus. Malgré leurs efforts, ils ont l'impression de stagner et même parfois de régresser, et ceci bien qu'ils aient souvent de bonnes compétences.

Très souvent, on peut se rendre compte que ces personnes montent toujours dans un contexte qui change peu : ils montent de la même manière, dans la même discipline, souvent le même cheval, au même endroit. Ils prennent des leçons avec le même enseignant.

C'est comme un musicien qui jouerait toujours la même partition. Au début, il joue avec quelques fausses notes, puis il joue de mieux en mieux. Il s'améliore, mais au bout d'un moment, il ne fera rien de plus. Il joue bien, mais il est limité à un morceau. S'il essaie de jouer une autre partition, il joue beaucoup moins bien, et ceci l'encourage à se contenter de son répertoire habituel.

Si vous faites toujours la même chose, il en sortira toujours la même chose. Peut-être quelque chose de bien, mais il arrivera toujours un moment où il n'y aura plus de progrès.



Pour progresser, il faut faire quelque chose de nouveau, mais ceci impose par définition de sortir de sa zone de confort. Innover est inconfortable. Il est nécessaire d'explorer de nouveaux territoires, de vivre des expériences nouvelles. Dans cette exploration, il y aura des errances, des difficultés et des erreurs.

On apprend aux gens qu'ils ne doivent pas faire d'erreur. Il faut être parfait, performant, toujours au meilleur de soi-même. Alors, les gens ont peur de prendre des risques. Ils peuvent avoir peur du regard des autres.

La plus grande erreur, c'est de faire l'erreur de ne pas vouloir faire d'erreurs.

Il n'y a que le cheval qui peut juger de ce que vous faites avec lui. Au final, dans la relation qu'il y a entre un cheval et vous, il n'y a que votre cheval et vous qui ont de l'importance. Les opinions des personnes extérieures n'ont au final aucune véritable importance, ni en bien, ni en mal. Il me semble même que se préoccuper du jugement des autres ne peut qu'interférer dans votre relation avec le cheval, que ce soit pour rechercher leur approbation ou pour éviter leurs critiques.

Parfois, le pire juge que les personnes redoutent, c'est eux-mêmes. C'est un problème lié à notre ego. Parfois nous avons un ego surdimensionné, et nous ne pouvons pas faire quelque chose qui pourrait briser l'image que nous avons de nous-mêmes. Parfois, c'est l'inverse, et nous avons une image négative de nous-mêmes, ce qui brise notre confiance. Dans les deux cas, notre ego se met entre nous et le cheval ; il nous bloque pour explorer de nouveaux territoires et donc nous empêche de progresser. Quand on identifie que notre ego est un obstacle, nous pouvons surmonter cet obstacle.

Aussi, certaines personnes ont peur d'expérimenter de nouvelles choses car elles peuvent avoir peur de mal faire vis à vis de leur cheval et de lui nuire. Je ne crois pas que les chevaux soient si fragiles que ça. Si vous êtes à l'écoute du cheval, vous verrez bien dans ce que vous faîtes, ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne mal, et vous adapterez votre comportement.

Enfin, beaucoup de personnes veulent suivre une méthode ou veulent observer ce que d'autres personnes leur ont appris. Ils ont reçu un savoir, souvent depuis plusieurs années, et ils l'ont adopté à un tel point, que ce savoir représente une Vérité qui ne peut être remise en question. Quand on débute en équitation, il est normal de suivre un enseignement donné et de l'observer fidèlement. Mais il arrive un stade où, pour progresser, nous devons remettre en question ce qu'on a appris et le confronter avec d'autres enseignements. Par la suite, grâce à l'expérience acquise on peut écouter notre intuition pour développer notre propre façon de faire.

Si vous ne progressez plus, c'est une bonne nouvelle, car vous  êtes arrivé à un stade dans votre progression. C'est un pallier qui vous indique qu'un changement est maintenant à votre portée, si vous savez l'identifier. Il n'y a que vous qui pouvez identifier ce changement et l'embrasser sans crainte.

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lundi 19 mars 2018

Concentré et relaxé

Confronté à une situation d'inconfort, le cheval cherchera comment regagner le confort. Il pourra essayer plusieurs choses, jusqu'au moment où une action lui permettra de gagner le confort. Si nous offrons le confort au bon moment, c'est -à-dire quand le cheval prend la décision que nous souhaitons, alors le cheval va apprendre à faire ce que nous attendons. Pour que cet apprentissage fonctionne, le cheval doit gagner le confort immédiatement pour associer le confort à sa décision.

C'est une grande motivation pour le cheval que d'être récompensé aussitôt qu'il prend la bonne décision, tout comme il peut comprendre que la mauvaise décision apporte de l'inconfort. L'important est qu'il ait une rétroaction instantanée et claire : chaque réussite ou chaque difficulté se traduit aussitôt par un résultat lui permettant d'ajuster son comportement. Quand c'est le cas, il aura le sentiment qu'il peut, grâce à ses décisions, réussir à gagner le confort.


Quand la situation est compréhensible pour le cheval et qu'il a assez de liberté d'action pour parvenir à trouver son chemin vers le confort, alors il sera motivé et concentré pour y parvenir. La motivation sera présente si l'exercice n'est à la fois pas trop facile pour le cheval, mais pas trop difficile non plus, ce qui serait décourageant. Ces conditions réunies, il pourra trouver dans l'activité une satisfaction allant au-delà de la simple obtention du confort. Le cheval peut alors être totalement absorbé par ce qu'il fait, calme, sans anxiété.

C'est cet état mental fait à la fois de concentration et de relaxation qu'il est désirable d'amener chez le cheval.

C'est un état dans lequel le cheval est activement engagé. Il ne peut émerger de la soumission ou du conflit

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samedi 10 mars 2018

Le reculer

Je ne vois pas de raison pour différer l'apprentissage du reculer chez un jeune cheval. Dès le plus jeune âge, il peut faire la différence entre avancer et reculer, et le fait de reculer n'enlève rien à son envie d'aller de l'avant.

Au début, il est possible que le cheval ne comprenne pas la demande du reculer et veuille avancer, et il suffit alors de bloquer le mouvement en avant en laissant le cheval exercer la pression sur nos mains. À ce moment, il ne faut surtout pas renforcer ses aides pour forcer le déplacement des pieds vers l'arrière. Il suffit de laisser le cheval exercer la pression sans rien faire d'autre qu'attendre.

Si on ne fait rien, et que l'on donne au cheval l'impression qu'il lutte contre sa propre pression, alors il finira par céder sans conflit.  Ce n'est qu'une question de temps pour qu'il décide de chercher comment retrouver le confort, ce qui ne peut se faire qu'en offrant un pas de reculer.

C'est au moment où le cheval prend la décision  de reculer, et que l'on sent qu'il prépare son corps au mouvement que vous pouvez relâcher la pression avant même que le mouvement ne se produise. Ainsi, le cheval sera le plus libre possible pour effectuer le mouvement. Au début, le cheval sera peu assuré dans le déplacement de ses pieds car il n'est pas encore sûr de ce qu'il doit faire. Il faut essayer de le guider en restant compréhensif. Si finalement, il ne recule pas et décide de repartir en avant, il suffit de reprendre au début.



L'important est que le cheval décide de déplacer ses pieds sans qu'on l'ait forcé à le faire et qu'on ne réponde pas à la résistance par l'impatience. Le cheval doit reculer sans que nos mains ne reculent.

Au début, reculer d'un seul pas est un bon résultat. On peut ensuite demander au cheval de reculer d'un autre pas. Ensuite, il suffit d'enchaîner. Ce n'est que très progressivement qu'un cheval apprendra à reculer sur une distance, car ce n'est pas une chose qui lui est naturelle.

Quand le cheval recule, il faut encore qu'il recule droit. Le reculer est une allure à deux temps comme le trot, et le postérieur qui recule le fait avec l'antérieur opposé. Si le postérieur tire vers l'arrière et que l'antérieur suit, alors c'est le postérieur qui entraîne le corps du cheval vers l'arrière, et si le cheval est détendu, il reculera droit. Si au contraire l'antérieur repousse le cheval vers l'arrière et que le postérieur est en retard, le corps du cheval se contractera et il ne reculera pas droit.

Ceci peut aider d'alléger le poids que l'on met vers l'arrière et de libérer au maximum les postérieurs en prenant un léger appui sur les étriers. Ceci va aider le cheval  à mieux utiliser ses postérieurs dans le reculer.

En exercice préalable au reculer, on peut mettre le cheval en flexion d'un côté, puis demander au cheval de chasser les hanches vers le côté opposé, en s'assurant qu'il n'avance pas. En faisant l'exercice d'un côté, puis de l'autre, en alternant, on mobile les postérieurs. En demandant juste ensuite le reculer, le cheval va reculer en utilisant ses postérieurs. Le reculer, n'est qu'un mouvement où le postérieur d'un côté recule, puis le postérieur du côté opposé recule, en alternant.

En reculant, si on a bien conscience de la position des pieds du cheval, on peut aider le cheval à utiliser le bon postérieur  au bon moment en utilisant la jambe pour encourager le pied à bouger. De la même manière, s'il faut supporter le déplacement d'un antérieur, la main peut utiliser la rêne correspondante vers le haut pour aider le pied à se lever. L'assiette est aussi importante pour accompagner le mouvement des postérieurs.

Au début, il faut encourager le cheval dans le mouvement sans le forcer, en se concentrant sur les postérieurs pour obtenir rectitude et décontraction. La vitesse dans le reculer ne pourrait être travaillée que dans un second temps.

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dimanche 18 février 2018

Peur et confiance

Quand le cheval a peur, nous devons reconnaître qu'il a peur, mais aussi comprendre pourquoi il a peur. Parfois, la cause de sa peur peut nous échapper. Parfois, c'est parce que nos sens et notre sens de l'observation ne sont pas assez en éveil. Parfois, nous n'arrivons pas à comprendre la cause de la peur car il s'agit de quelque chose qui nous semble anodin et nous n'arrivons pas à réaliser qu'il peut être une telle cause de terreur pour notre cheval.

Quelle que soit la situation, si un cheval a peur, il ne simule jamais, il a réellement peur et il y a une cause à sa peur.

Si nous sommes capables de reconnaître la cause de la peur, et que le cheval réalise que nous percevons bien cette cause, alors nous serons en situation de pouvoir le rassurer. C'est pourquoi il est intéressant de savoir identifier la cause de la peur mais aussi de l'observer ostensiblement, afin que le cheval comprenne que nous percevons bien ce qu'il perçoit.



Si alors, nous conservons pleinement notre calme et laissons le cheval le temps d'analyser la situation, notre état d'esprit va rasséréner le cheval. En effet, si nous percevons la cause de la peur mais que nous n'avons pas peur, le cheval sera rassuré. Il peut vouloir se détourner ou s'échapper. Laissons le faire, mais remettons le face à la cause de la peur autant de fois que nécessaire en conservant notre calme absolu. Le cheval finira pat comprendre qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur et c'est notre calme et notre soutien qui va l'aider. Il ne s'agit pas de forcer à agir malgré sa peur, mais de l'aider à comprendre la situation. Ceci ne demande que du temps et notre soutien, fait de calme et de patience.

Si au contraire nous avons peur car le cheval a peur, alors le cheval ne comprend pas que notre peur vient plus des réactions qu'il pourrait avoir que de ce qui lui fait peur. Il ne ressent que la peur, et cette peur vient juste confirmer sa propre peur. S'il a peur et que vous avez peur, alors il ne peut que penser que la menace qu'il a perçue est bien réelle.

Si vous ignorez ou évitez la cause de la peur, alors vous confirmez aussi auprès du cheval que sa peur est fondée car vous-même, vous fuyez. Dès que quelque chose fait peur à votre cheval, plutôt que de penser que c'est un problème qu'il vaut mieux éviter, pensez au contraire qu'il s'agit d'une opportunité pour que votre cheval devienne plus confiant. Prenez le temps d'aider votre cheval à affronter sa peur jusqu'à ce que  cette peur disparaisse.

Si nous forçons le cheval à affronter la peur, que ce soit par les jambes, la cravache, les éperons ou toute autre manière visant à contraindre le cheval à agir selon notre volonté malgré sa peur, alors nous n'aidons pas le cheval à gérer sa peur. Au contraire, au lieu d'être avec lui, nous sommes contre lui et nous essayons juste de constituer une menace pire que celle qu'il perçoit déjà. Avons-nous envie que le cheval affronte une peur juste parce que nous sommes la cause d'une peur plus grande encore?

Le cheval est une proie. La peur fait partie de sa vie et est une composante importante de son instinct de survie. C'est grâce aux expériences qu'il vit qu'il peut apprendre ce qui est réellement une menace et ce qui ne l'est pas. Si nous sommes en mesure de multiplier ces expériences tout en aidant le cheval à les gérer positivement, plus le cheval deviendra confiant. Il prendra confiance dans son environnement, mais aussi en nous si nous savons le soutenir. Enfin, il prendra confiance en lui.

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lundi 29 janvier 2018

Dominer ou obtenir la confiance ?

Parfois, on entend qu'il est légitime de dominer le cheval car les chevaux eux-aussi, à l'état naturel, se domineraient les uns les autres dans une hiérarchie stricte au sein du troupeau. A cette image, le cavalier et son cheval serait un «troupeau» de deux individus dans lequel l'être humain aurait bien sûr le rôle de «chef». Il faudrait donc dominer son cheval, sinon, comme le troupeau se doit d'avoir un chef, alors ce serait le cheval qui prendrait le dessus, devenant le «dominant» à notre place.

On peut cependant se demander si l'hypothèse de base est exacte : avons-nous bien une hiérarchie dans le troupeau? Le troupeau est-il une petite armée avec son général, ses colonels, sergents et simples soldats?

Le troupeau n'est pas une armée, mais une famille composée d'individus. Il y a un étalon, parfois deux, les juments, les jeunes et les poulains. Il y a aussi des bandes de mâles célibataires qui ont leur propre structure, mais concentrons-nous ici sur notre troupeau familial.



Le but premier de chaque cheval est-il de grimper dans une hiérarchie pour pouvoir gouverner les autres? Certainement pas. le but du troupeau est de survivre et d'assurer la reproduction. Les chevaux sont avant tout animés par leur instinct de survie. La survie du troupeau ne passe pas par l'instinct de compétition, mais au contraire par la coopération.

Dans le troupeau, il y a différents individus, avec chacun leur caractère, leur tempérament, leur expérience, leurs compétences. Il y a entre chaque membre des relations familiales précises, mais aussi des affinités naturelles. Tout ceci forme des relations sociales complexes, plus subtiles qu'une simple hiérarchie.

Le troupeau pour sa survie doit assurer sa cohésion. En cas de menace, le troupeau doit pouvoir fuir en restant soudé, synchronisé, mais aussi en respectant une distance entre ses membres pour éviter de se gêner. Alors qui prend les décisions? Qui décide de fuir en cas de menace? Qui décide où chacun doit se placer dans le groupe pour fuir en bon ordre? Qui décide où aller quand il faut se déplacer?  Le troupeau n'a-t-il pas besoin d'un chef pour décider pour le groupe?


Soudés et Synchronisés


Prenons l'exemple de la menace. C'est généralement l'étalon qui se place légèrement à l'écart pour surveiller le reste du troupeau. Les juments mangent davantage pour pouvoir allaiter. Si l'étalon perçoit quelque chose, il va se mettre en position d'alerte, la tête haute, les oreilles dirigées vers la menace, l'odorat en éveil. Son inquiétude va se communiquer au reste du troupeau en un instant. Les membres vont se regrouper, s'organiser pour être prêt à la fuite, laissant généralement l'étalon s'interposer par rapport à la menace perçue.

Il reste à décider si la menace est sérieuse et s'il faut lancer la fuite, ou si finalement, il n'y a pas de danger et qu'il est alors inutile de dépenser de l'énergie pour rien. Ce n'est pas un poulain sans expérience qui donnera le signal du départ, car il ne sait pas distinguer un puma d'un lièvre. Mais n'importe quel membre en lequel les autres ont confiance peut enclencher la fuite, et les autres suivront. Le troupeau n'attend pas la décision d'un chef. C'est un membre qui initie le mouvement et  les autres le suivent s'ils ont confiance dans le fait que c'est nécessaire à leur survie. Non seulement, il n'y a pas de chef unique qui donne toujours l'ordre, mais aucun cheval ne force un autre cheval à faire quoi que ce soit : dès que la fuite démarre, le groupe reste uni car il en va de sa survie face à un prédateur.

L'être humain aimerait identifier un chef suprême dans le troupeau, soit l'étalon, soit une jument dominante (nommée la «jument alpha»). Ceci aiderait à justifier que le cavalier soit légitime pour dominer le cheval, reprenant à son compte une relation naturelle au sein du troupeau. Cependant cette interprétation est inexacte. Ce qui est important pour le cheval, c'est l'instinct de survie. Plutôt que d'un « patron » qui le domine, il a besoin d'avoir confiance en nous et sera prêt à nous suivre quand c'est le cas.

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mardi 16 janvier 2018

Communication silencieuse

La communication silencieuse des chevaux

Les êtres humains communiquent entre eux par la parole. Du moins, c'est ce que nous croyons, car, sans que l'on y prête toujours attention, la communication non verbale est toujours présente. Si nous rencontrons quelqu'un, nous serons sensibles à la posture de son corps, à sa démarche, aux gestes de ses mains, à l'expression de son visage... et nous allons adapter notre comportement et notre discours en fonction, souvent inconsciemment.

Pour le cheval, qui n'est pas doué de la parole, la communication repose peu sur les sons. Il est vrai que le cheval peut hennir, couiner, ronfler, s'ébrouer... et c'est ce mode de communication qui sera le plus visible pour nous, car nous communiquons aussi avec les sons.

Cependant, le cheval communique davantage silencieusement, et c'est justement ce mode de communication que nous remarquons le moins, alors qu'il est le plus important.


Observer pour apprendre

Pour comprendre leur langage, rien de tel que l'observation d'un groupe de chevaux. On pourra alors voir qu'entre les chevaux, la communication est fréquente.

Chacun sait que la position des oreilles est importante et chaque cavalier comprend vite ce que veut dire un cheval quand il couche ses oreilles en arrière. Des signes de ce type sont très nombreux.

Sur sa tête, on peut aussi observer les yeux : leur forme est importante, selon que l’œil est en amande, signe de détente, ou rond, signe de tension. Le fait de cligner les yeux est aussi un message.

La bouche est aussi importante, car elle peut être détendue ou crispée. Elle peut mâchouiller ou laisser sortir la langue. Elle peut s'ouvrir et se fermer rythmiquement («snapping»).

On pourra aussi observer les muscles du visage et comment ils se tendent sous la peau. Les naseaux peuvent aussi changer de forme, et s'arrondir sous la tension.

La tête et l'encolure peuvent être fixes ou bouger ou être secouées. La tête peut être en l'air, à l'horizontale ou vers le bas. L'encolure peut s'arquer, se tendre vers le bas, se relâcher... Le cheval peut tourner la tête d'un côté, ou même tourner toute l'encolure.




La queue peut être relâchée, dressée ou rabattue entre les postérieurs.

Le corps peut se positionner relativement à un autre cheval à différentes distances et de différentes manières : frontalement, latéralement, ou il peut présenter ses postérieurs. Il peut s'approcher d'un autre cheval directement, par un arc de cercle, en allant sur l'avant, sur le côté ou sur l'arrière de l'autre cheval.

Un cheval peut taper des antérieurs, se cabrer, ruer, se rouler... Il peut mordre dans les airs, bailler...

Il peut manger, déféquer ou uriner. Il peut se gratter, par exemple en frottant la tête sur un antérieur ou en se mordant les flancs. Il peut aussi gratter un congénère, le mordiller, le pousser du museau, le renifler. L'odorat et le toucher sont aussi des sens importants pour la communication.

Il peut désigner un objet ou une direction avec son museau.

On peut penser que certains de ces gestes ne sont pas de la communication, et c'est exact que ce n'est pas toujours le cas. Un cheval peut cligner les yeux, déféquer ou secouer la tête sans qu'il s'agisse de communication, mais dans certains cas, c'est aussi un mode de communication.

Ce qui permet d'interpréter la communication c'est de reconnaître un ensemble de signes qui prennent un sens ensemble, dans un contexte. Les signes peuvent être donnés simultanément ou se succéder. Avec le temps, on perçoit ces ensembles globalement.

Par exemple, un cheval qui va aborder un cheval inconnu peut commencer par montrer des signes visant à apaiser de possibles tensions. Il peut cligner des yeux, détourner la tête, mastiquer, etc.  C'est un peu comme nous-mêmes quand nous rencontrons quelqu'un : on va sourire brièvement, détourner le regard pour ensuite regarder la personne... ceci même avant de dire «bonjour».

Si la tension se renforce et que le cheval n'est pas à l'aise, le cheval peut commencer à se donner une contenance en se grattant, en reniflant quelque chose, en mangeant ou en faisant semblant de manger de l'herbe.

Si la tension monte encore d'un cran, le cheval peut par exemple montrer des signes de peur : yeux arrondis qui laissent montrer le blanc, bouche fermée et crispée, oreilles tendues, narines arrondies. L'encolure est tendue et la tête est en position haute. La queue est en l'air ou rabattue entre les postérieurs. Si ce n'est pas la peur mais l'agression qui l'anime, il peut taper des antérieurs, mordre l'air, se tourner et ruer en direction de l'autre cheval. La peur et l'agression sont parfois liées, car un cheval qui a peur va souvent chercher à retrouver du confort en utilisant des signes agressifs pour que l'autre cheval s'éloigne.

Si la tension devait monter encore, le cheval pourrait alors avoir une réaction de fuite ou s'il ne peut pas fuir, il aura probablement un comportement d'agression.

Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres pour illustrer le langage du corps des chevaux.
 



Communiquer avec d'autres espèces

Ce langage, le cheval va aussi l'utiliser avec les autres êtres vivants: les vaches, les moutons, les chiens... Si le cheval est précieux dans le travail du bétail, c'est que c'est un expert pour le comprendre et anticiper ses réactions.

Ce langage, le cheval va aussi l'utiliser avec nous.

Si un cheval peut facilement «lire» un être humain et comprendre son état d'esprit et son état émotionnel, c'est grâce à sa faculté de communication non verbale. Nous-même, nous n'avons pas la même faculté innée de compréhension de ce langage.

Si nous ne pouvons pas remarquer ou interpréter les signes que les chevaux nous envoient, alors deux choses vont se produire.

La première est que comme on ne le comprend pas, le cheval ne fera pas d'effort pour communiquer avec nous, puisque c'est inutile. La seconde est que le cheval peut avoir des comportements excessifs et même dangereux qui auraient été évitables si on avait compris les signes qu'il avait envoyés au préalable pour les prendre en compte avant que la tension ne monte trop.

Ce cheval désigne le bac à grains
Il s'assure de la compréhension
Attente de la «livraison»














Si nous voulons mieux comprendre le cheval, nous pouvons essayer d'apprendre à porter plus attention aux différents signes qu'il émet. Il suffit d'observer et nous pouvons progressivement développer nos capacités à comprendre ce langage.

Plus notre compréhension s'affine, plus nous allons ressentir ce que ressent le cheval et adapter notre comportement en conséquence. Même si notre compréhension est imparfaite, le cheval va alors reconnaître notre capacité à mieux le comprendre et ceci va l'inciter à davantage essayer de communiquer avec nous.

Ainsi nous allons augmenter notre empathie pour le cheval : notre capacité à ressentir ce qu'il ressent et pourquoi. C'est ce qui peut nous permettre d'anticiper les réactions du cheval et de l'aider mieux et plus tôt.

Communiquer en retour

Une fois que nous comprenons mieux ce langage du corps, nous sommes alors en mesure de pouvoir l'utiliser nous-même pour mieux être compris du cheval. Ceci demande de l'expérimentation et du temps. C'est sans doute dans le travail en liberté que cette expérimentation peut le mieux se faire, mais c'est aussi parfois simplement en allant chercher votre cheval au pré.

Le cheval est un animal social. Communiquer est pour lui naturel et important. Le cheval nous comprend souvent mieux que nous ne le comprenons. La véritable communication doit fonctionner dans les deux sens et c'est pour ceci que nous devons développer nos facultés de communication non verbale. La communication engendre la communication et nos efforts en la matière seront récompensés.

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mardi 2 janvier 2018

La confiance avant tout

Quand un cheval a un problème, on veut directement travailler sur le problème.

Par exemple, si un cheval ne veut pas monter dans le van, on travaille avec lui pour le convaincre de monter dans le van. Peut-être qu'il suffit d'un peu d'encouragement et de patience, et il va monter. Mais peut-être est-ce plus sérieux et qu'il n'a absolument pas confiance dans le van. Alors, malgré nos efforts, il refuse de monter. Dans ce cas, si le cheval n'a pas confiance dans le van, c'est qu'il a eu une mauvaise expérience dans le passé alors qu'on voulait l'embarquer.



Quand le cheval a eu une mauvaise expérience en lien avec une situation donnée,  il n'aura pas confiance dans cette situation quand elle se représentera. Si son instinct de survie l'a conduit à penser qu'il était menacé, alors il se sentira menacé avec la même intensité à chaque fois que la situation se reproduira. Ceci peut aller jusqu'à la panique, que la menace soit réelle ou non.

Le cheval doit avoir confiance dans trois domaines: dans son environnement, dans la personne et dans lui-même.  Les trois peuvent se renforcer mutuellement. Ils peuvent aussi s'affaiblir mutuellement.

Si un cheval  n'a pas du tout confiance dans une situation donnée, comme de monter dans un van et qu'il n'a pas assez confiance dans la personne, alors il n'aura pas non plus confiance dans lui-même. Ceci conduira sur une situation de blocage.

Pour sortir de l'impasse, le mieux est de simplement changer d'environnement.

En travaillant dans un environnement dans lequel le cheval a plus confiance, il sera dans un état d'esprit positif. En évitant l'environnement causant le problème, il sera possible de vivre des expériences positives avec le cheval dans des situations diverses. Ces expériences peuvent parfois représenter des défis pour le cheval, mais elles doivent toujours permettre au cheval d'être en situation de réussir. Le rôle de la personne est de guider et de soutenir le cheval pour lui permettre de réussir.

Seules des expériences positives vécues avec la personne permettront au cheval d'avoir confiance dans la personne. C'est progressivement ce qui lui permettra d'avoir plus confiance dans son environnement en général et enfin, d'avoir plus confiance en lui-même.

À ce moment, si on revient à la difficulté initiale, le cheval n'aura pas plus  confiance dans la situation, mais il aura maintenant plus confiance en nous et en lui. Il aura alors avec notre soutien tous les moyens pour surmonter le problème, et prendre confiance dans cet environnement problématique.

C'est parfois en ne travaillant pas directement sur le problème que l'on peut arriver à le résoudre.

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