jeudi 22 mars 2018

Changer pour progresser

Certains cavaliers constatent qu'ils ne progressent plus. Malgré leurs efforts, ils ont l'impression de stagner et même parfois de régresser, et ceci bien qu'ils aient souvent de bonnes compétences.

Très souvent, on peut se rendre compte que ces personnes montent toujours dans un contexte qui change peu : ils montent de la même manière, dans la même discipline, souvent le même cheval, au même endroit. Ils prennent des leçons avec le même enseignant.

C'est comme un musicien qui jouerait toujours la même partition. Au début, il joue avec quelques fausses notes, puis il joue de mieux en mieux. Il s'améliore, mais au bout d'un moment, il ne fera rien de plus. Il joue bien, mais il est limité à un morceau. S'il essaie de jouer une autre partition, il joue beaucoup moins bien, et ceci l'encourage à se contenter de son répertoire habituel.

Si vous faites toujours la même chose, il en sortira toujours la même chose. Peut-être quelque chose de bien, mais il arrivera toujours un moment où il n'y aura plus de progrès.



Pour progresser, il faut faire quelque chose de nouveau, mais ceci impose par définition de sortir de sa zone de confort. Innover est inconfortable. Il est nécessaire d'explorer de nouveaux territoires, de vivre des expériences nouvelles. Dans cette exploration, il y aura des errances, des difficultés et des erreurs.

On apprend aux gens qu'ils ne doivent pas faire d'erreur. Il faut être parfait, performant, toujours au meilleur de soi-même. Alors, les gens ont peur de prendre des risques. Ils peuvent avoir peur du regard des autres.

La plus grande erreur, c'est de faire l'erreur de ne pas vouloir faire d'erreurs.

Il n'y a que le cheval qui peut juger de ce que vous faites avec lui. Au final, dans la relation qu'il y a entre un cheval et vous, il n'y a que votre cheval et vous qui ont de l'importance. Les opinions des personnes extérieures n'ont au final aucune véritable importance, ni en bien, ni en mal. Il me semble même que se préoccuper du jugement des autres ne peut qu'interférer dans votre relation avec le cheval, que ce soit pour rechercher leur approbation ou pour éviter leurs critiques.

Parfois, le pire juge que les personnes redoutent, c'est eux-mêmes. C'est un problème lié à notre ego. Parfois nous avons un ego surdimensionné, et nous ne pouvons pas faire quelque chose qui pourrait briser l'image que nous avons de nous-mêmes. Parfois, c'est l'inverse, et nous avons une image négative de nous-mêmes, ce qui brise notre confiance. Dans les deux cas, notre ego se met entre nous et le cheval ; il nous bloque pour explorer de nouveaux territoires et donc nous empêche de progresser. Quand on identifie que notre ego est un obstacle, nous pouvons surmonter cet obstacle.

Aussi, certaines personnes ont peur d'expérimenter de nouvelles choses car elles peuvent avoir peur de mal faire vis à vis de leur cheval et de lui nuire. Je ne crois pas que les chevaux soient si fragiles que ça. Si vous êtes à l'écoute du cheval, vous verrez bien dans ce que vous faîtes, ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne mal, et vous adapterez votre comportement.

Enfin, beaucoup de personnes veulent suivre une méthode ou veulent observer ce que d'autres personnes leur ont appris. Ils ont reçu un savoir, souvent depuis plusieurs années, et ils l'ont adopté à un tel point, que ce savoir représente une Vérité qui ne peut être remise en question. Quand on débute en équitation, il est normal de suivre un enseignement donné et de l'observer fidèlement. Mais il arrive un stade où, pour progresser, nous devons remettre en question ce qu'on a appris et le confronter avec d'autres enseignements. Par la suite, grâce à l'expérience acquise on peut écouter notre intuition pour développer notre propre façon de faire.

Si vous ne progressez plus, c'est une bonne nouvelle, car vous  êtes arrivé à un stade dans votre progression. C'est un pallier qui vous indique qu'un changement est maintenant à votre portée, si vous savez l'identifier. Il n'y a que vous qui pouvez identifier ce changement et l'embrasser sans crainte.

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lundi 19 mars 2018

Concentré et relaxé

Confronté à une situation d'inconfort, le cheval cherchera comment regagner le confort. Il pourra essayer plusieurs choses, jusqu'au moment où une action lui permettra de gagner le confort. Si nous offrons le confort au bon moment, c'est -à-dire quand le cheval prend la décision que nous souhaitons, alors le cheval va apprendre à faire ce que nous attendons. Pour que cet apprentissage fonctionne, le cheval doit gagner le confort immédiatement pour associer le confort à sa décision.

C'est une grande motivation pour le cheval que d'être récompensé aussitôt qu'il prend la bonne décision, tout comme il peut comprendre que la mauvaise décision apporte de l'inconfort. L'important est qu'il ait une rétroaction instantanée et claire : chaque réussite ou chaque difficulté se traduit aussitôt par un résultat lui permettant d'ajuster son comportement. Quand c'est le cas, il aura le sentiment qu'il peut, grâce à ses décisions, réussir à gagner le confort.


Quand la situation est compréhensible pour le cheval et qu'il a assez de liberté d'action pour parvenir à trouver son chemin vers le confort, alors il sera motivé et concentré pour y parvenir. La motivation sera présente si l'exercice n'est à la fois pas trop facile pour le cheval, mais pas trop difficile non plus, ce qui serait décourageant. Ces conditions réunies, il pourra trouver dans l'activité une satisfaction allant au-delà de la simple obtention du confort. Le cheval peut alors être totalement absorbé par ce qu'il fait, calme, sans anxiété.

C'est cet état mental fait à la fois de concentration et de relaxation qu'il est désirable d'amener chez le cheval.

C'est un état dans lequel le cheval est activement engagé. Il ne peut émerger de la soumission ou du conflit

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samedi 10 mars 2018

Le reculer

Je ne vois pas de raison pour différer l'apprentissage du reculer chez un jeune cheval. Dès le plus jeune âge, il peut faire la différence entre avancer et reculer, et le fait de reculer n'enlève rien à son envie d'aller de l'avant.

Au début, il est possible que le cheval ne comprenne pas la demande du reculer et veuille avancer, et il suffit alors de bloquer le mouvement en avant en laissant le cheval exercer la pression sur nos mains. À ce moment, il ne faut surtout pas renforcer ses aides pour forcer le déplacement des pieds vers l'arrière. Il suffit de laisser le cheval exercer la pression sans rien faire d'autre qu'attendre.

Si on ne fait rien, et que l'on donne au cheval l'impression qu'il lutte contre sa propre pression, alors il finira par céder sans conflit.  Ce n'est qu'une question de temps pour qu'il décide de chercher comment retrouver le confort, ce qui ne peut se faire qu'en offrant un pas de reculer.

C'est au moment où le cheval prend la décision  de reculer, et que l'on sent qu'il prépare son corps au mouvement que vous pouvez relâcher la pression avant même que le mouvement ne se produise. Ainsi, le cheval sera le plus libre possible pour effectuer le mouvement. Au début, le cheval sera peu assuré dans le déplacement de ses pieds car il n'est pas encore sûr de ce qu'il doit faire. Il faut essayer de le guider en restant compréhensif. Si finalement, il ne recule pas et décide de repartir en avant, il suffit de reprendre au début.



L'important est que le cheval décide de déplacer ses pieds sans qu'on l'ait forcé à le faire et qu'on ne réponde pas à la résistance par l'impatience. Le cheval doit reculer sans que nos mains ne reculent.

Au début, reculer d'un seul pas est un bon résultat. On peut ensuite demander au cheval de reculer d'un autre pas. Ensuite, il suffit d'enchaîner. Ce n'est que très progressivement qu'un cheval apprendra à reculer sur une distance, car ce n'est pas une chose qui lui est naturelle.

Quand le cheval recule, il faut encore qu'il recule droit. Le reculer est une allure à deux temps comme le trot, et le postérieur qui recule le fait avec l'antérieur opposé. Si le postérieur tire vers l'arrière et que l'antérieur suit, alors c'est le postérieur qui entraîne le corps du cheval vers l'arrière, et si le cheval est détendu, il reculera droit. Si au contraire l'antérieur repousse le cheval vers l'arrière et que le postérieur est en retard, le corps du cheval se contractera et il ne reculera pas droit.

Ceci peut aider d'alléger le poids que l'on met vers l'arrière et de libérer au maximum les postérieurs en prenant un léger appui sur les étriers. Ceci va aider le cheval  à mieux utiliser ses postérieurs dans le reculer.

En exercice préalable au reculer, on peut mettre le cheval en flexion d'un côté, puis demander au cheval de chasser les hanches vers le côté opposé, en s'assurant qu'il n'avance pas. En faisant l'exercice d'un côté, puis de l'autre, en alternant, on mobile les postérieurs. En demandant juste ensuite le reculer, le cheval va reculer en utilisant ses postérieurs. Le reculer, n'est qu'un mouvement où le postérieur d'un côté recule, puis le postérieur du côté opposé recule, en alternant.

En reculant, si on a bien conscience de la position des pieds du cheval, on peut aider le cheval à utiliser le bon postérieur  au bon moment en utilisant la jambe pour encourager le pied à bouger. De la même manière, s'il faut supporter le déplacement d'un antérieur, la main peut utiliser la rêne correspondante vers le haut pour aider le pied à se lever. L'assiette est aussi importante pour accompagner le mouvement des postérieurs.

Au début, il faut encourager le cheval dans le mouvement sans le forcer, en se concentrant sur les postérieurs pour obtenir rectitude et décontraction. La vitesse dans le reculer ne pourrait être travaillée que dans un second temps.

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