dimanche 4 décembre 2016

Excité par temps froid

Souvent, on constate que quand il fait froid, cela a une influence sur le comportement des chevaux. Dès qu'on le sort, un cheval peut avoir un surcroît d'énergie et être plus réactif. Il peut sembler plus «gai» et même «excité». Parfois il peut avoir peur de quelque chose qui ne l'aurait pas inquiété à la belle saison.

Ceci peut être gênant pour le cavalier aussi bien au sol que lors du travail monté.

La principale raison de ce comportement est simple : le froid provoque un stress sur l'organisme qui doit s'adapter pour se réchauffer.

Les humains sont aussi vivifiés par l'air frais et les chevaux ne sont pas différents.

Les chevaux comme les vaches ont une bonne résistance naturelle au froid

Pourtant, les chevaux peuvent supporter le froid mieux que les hommes. Un cheval adulte en bonne santé qui vit en extérieur, s'il a eu la possibilité de s'adapter au froid sur quelques semaines  en laissant pousser son poil, peut supporter facilement des températures de -10°C ou moins. Les chevaux au nord des USA et au Canada supportent des températures pouvant descendre à -40°C. Pour supporter le froid, le cheval a besoin de pouvoir s'abriter du vent et de la pluie. Il doit pouvoir aussi manger des quantités suffisantes de fourrage.

Le cheval vivant au pré développe rapidement son poil d'hiver

Cependant, un cheval en box à qui on met une couverture risque de ne pas complètement développer son poil. Il n'exerce pas non plus les muscles microscopiques permettant de faire dresser les poils pour épaissir sa toison.

Le cheval de sport qui est tondu est bien sûr moins isolé. Il est aussi souvent maintenu sans gras. Il peut avoir froid à des températures inférieures à 5°C s'il n'est pas couvert.

Ces chevaux vivant en box n'ont pas la même résistance au froid que ceux vivant en extérieur, et donc quand on les sort, le stress causé par le froid peut être plus important qu'avec un cheval vivant à l'extérieur.

Pour autant, le cheval vivant au pré n'est pas à l'abri de ces changements d'humeur. En effet, un cheval vivant au pré va réduire son activité pour conserver son énergie à lutter contre le froid. Quand on va le monter, l'air froid va pénétrer dans ses poumons causant aussi un stress.

Ce n'est donc pas uniquement l'exposition au froid, ou la différence de températures entre le box et l'extérieur : ce qui entre avant tout en ligne de compte, c'est le fait de produire un effort dans le froid.

Ceci n'est pas spécifique au cheval. Les "joggeurs" connaissent bien l'effet revigorant d'une course dans le froid.

L'adaptation au froid sollicite le système nerveux sympathique, avec plusieurs conséquences :
  • augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle
  • libération de glucose (énergie) par le foie
  • vasoconstriction des vaisseaux sanguins des extrémités pour limiter les pertes de chaleur
  • contraction des muscles érigeant les poils (piloérection)
  • libération de noradrénaline et de béta-endorphines (euphorisant) dans le sang
  • stimulation du système nerveux central (augmentation de l'attention)
  • Dilatation des yeux et réduction de la salivation
Il faut noter que le système nerveux sympathique est aussi celui qui est stimulé en cas de peur. Il permet la mobilisation de l'organisme face à une menace ou à un stress, pour créer un état d'activité plus élevé dans l'organisme.

On ne peut donc pas parler d'un «problème de comportement», il s'agit juste d'un stress lié à un phénomène naturel d'adaptation au froid. Ce stress peut être plus ou moins important selon les conditions de vie du cheval ou selon sa propre nature, car chaque cheval est différent.

Pour gérer ces difficultés, on peut conseiller de protéger par un couvre-reins les chevaux vivant en box couverts, en particulier s'ils sont tondus. Ceci permet de limiter la perte de température et diminue le stress lié au froid quand on met le cheval au travail.

On peut également recommander d'échauffer longuement et progressivement le cheval. Ceci peut se faire lors du travail monté, mais si le cheval est particulièrement démonstratif, on peut le longer avec la selle sur le dos au préalable (ou en liberté dans un rond de longe).

Il ne s'agit pas de longer vigoureusement pour que le cheval «brûle» son énergie ou se réchauffe rapidement, mais bien d'échauffer le cheval doucement, en commençant pas du pas pour aller au trot puis au galop. Si durant cet échauffement il éprouve le besoin de s'exprimer on peut le laisser faire, mais on recherche avant tout le calme. Un effort trop brusque pourrait être désagréable ou même préjudiciable pour le cheval.

Enfin, si un cheval a de l'énergie, plutôt que de réprimer cette énergie, on peut profiter de cette opportunité pour canaliser cette énergie de manière productive. Enchaînez les exercices : voltes, serpentines, transitions, cessions à la jambe, etc... Soyez avec votre cheval et bientôt il sera avec vous.

En hiver, d'autres facteurs peuvent aussi jouer:

Comme avec nous, de vieilles douleurs peuvent se réveiller avec le froid, et rendre le cheval âgé grognon. Essayez d'identifier une possible douleur et faites intervenir l'ostéopathe si nécessaire. Là-aussi, un échauffement progressif peut être profitable.

En hiver, on donne parfois moins d'activité aux chevaux, et il est naturel qu'ils aient envie de se dépenser. Essayez de conserver un niveau d'activité similaire à celui de la belle saison et n'hésitez pas à maintenir les sorties en paddock.

L'hiver peut apporter son lot de défis pour les cavaliers. Se mettre à l'écoute des réactions de son cheval au froid permet de mieux se préparer pour profiter avec lui des plaisirs équestres hivernaux.

FB: https://www.facebook.com/hommesetchevaux/


5 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour, voici des propos et des informations encore une fois très justes et très intéressants pour ceux qui doivent en connaître sur les besoins naturels du cheval pour son bien-être ! Merci de partager avec les cavaliers, vos connaissances et ainsi nous faire profiter ou élargir le cercle des cavaliers "apprentis" que nous sommes. Autant nous nous informerons par les meilleures voies, autant nous devons bien savoir que jusqu'au bout, nous en apprendrons de et sur nos chevaux ! Merciiiiii ! ;-)

    RépondreSupprimer