mardi 28 mars 2017

Un mouvement de valse

Voici un exercice au sol simple qui a beaucoup de vertus.

Prenez un licol en corde avec une longe assez longue, au moins 3 mètres et demi (12 pieds).

Sur le côté du cheval, passez la longe de l'autre côté de son encolure, puis refaites la passer vers vous au niveau du garrot.

Passez la longe derrière l'encolure

Alors, incitez le cheval à détourner la tête en tirant légèrement sur la longe, la main positionnée au-delà du garrot.

Positionnez la tête vers l'extérieur

Glissez la longe sur son dos vers sa croupe, puis en tenant l'extrémité de la longe, laissez-la glisser derrière le cheval, sur ses pattes postérieures.

Faites glisser la longe sur son dos

Écartez-vous de manière à conserver une distance de sécurité avec le cheval, puis exercez une pression sur la longe.

Mettez la longe derrière le cheval puis attendez


Attendez maintenant que le cheval comprenne ce qu'il doit faire pour se libérer de la pression.
 
S'il tourne dans le mauvais sens, la tête vers vous, la pression va s'accentuer. S'il tourne dans le bon sens, en suivant la pression exercée par la longe au niveau du licol, il va se libérer de la pression.

Le cheval commence à tourner

il se libère totalement

Comme pour chaque exercice au sol, faites l'exercice des deux côtés.

C'est un petit problème que l'on pose au cheval, et c'est pour ceci qu'il est nécessaire de lui laisser le temps de le résoudre.

C'est pour aider le cheval que l'on commence par positionner sa tête vers l'extérieur. Ainsi il regarde déjà dans le sens dans lequel il doit aller. Si la préparation est bonne, le cheval trouvera la solution plus facilement.

Avec cet exercice, on apprend au cheval à céder à la pression dans le calme, et ceci sans forcer le cheval à faire le mouvement. C'est le cheval qui trouve la solution et exécute le bon mouvement de lui-même.

On apprend aussi au cheval à gagner en confiance en lui et à supporter une corde dans ses pattes. On montre qu'on est là pour l'aider tout en lui laissant le temps d'apprendre.

Une fois l'exercice assimilé, on peut le recommencer en mettant plus de pression sur le cheval. On peut le faire à ce stade, car il saura quoi faire.

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lundi 20 mars 2017

Le cheval qui mord

Comprendre les différentes raisons pour lesquelles un cheval peut nous mordre permet d'avoir une attitude adaptée à chaque situation.

Certains chevaux mordent régulièrement tandis que pour d'autres c'est exceptionnel.

Quand il s'agit d'une habitude, il s'agit souvent d'une habitude que nous avons encouragée.

Pour un jeune cheval, il est naturel de découvrir son environnement avec la bouche. Il goûte chaque objet, et il va aussi faire de même avec nos doigts ou nos habits. Un poulain, c'est adorable et inoffensif, et on peut être tenté de le laisser faire. Il est néanmoins préférable de le décourager avec douceur, car il doit apprendre à ne pas mordiller un être humain avant de devenir un cheval adulte. À ce moment-là, le gentil mordillement sera devenu bien moins agréable,  mais la mauvaise habitude sera prise et sera plus difficile à décourager.

Apprenez au cheval à respecter votre espace personnel. S'il s'approche sans y être invité, remettez-le à distance.

Pour décourager les mordillements sans le réprimander, frottez le cheval au-dessus des naseaux comme pour une caresse, mais assez vivement pour que ce soit inconfortable. Bientôt, le cheval comprendra qu'il est préférable pour lui de s'arrêter.

Une autre chose qui peut inciter un cheval à mordiller, c'est de le nourrir avec la main. On donne à manger, puis le cheval désire plus de friandise et en cherche dans nos mains ou nos poches, en mordillant. Si là on lui donne encore à manger, on le récompense pour ce comportement. Peu à peu, il deviendra de plus en plus inquisiteur. Si le respect n'est pas scrupuleusement installé avec un cheval, il est préférable sous d'éviter les friandises, soit de les mettre dans la mangeoire.

Les chevaux, surtout les étalons, aiment jouer entre eux en se bagarrant. Ils aiment voir qui va dominer qui, et lors de ces jeux, ils n'hésitent pas à mordre. Un cheval qui vit en troupeau va pouvoir s'adonner à ces jeux et trouver les limites à observer. Cependant un cheval avec moins de contacts sociaux peut avoir envie de chercher à exercer cet instinct avec nous. Il faut décourager ce comportement avec fermeté, mais sans rentrer dans le combat.

Si on tape le cheval sur la tête, il apprendra vite à nous éviter, et essaiera de répliquer, comme il le ferait avec un autre cheval. Cela peut devenir comme une sorte de jeu, mais un jeu dangereux, car le cheval peut alors prendre conscience de sa propre force, et celle-ci est bien supérieure à la nôtre.

Si on le punit fortement, un cheval peut réellement se sentir agressé de manière incompréhensible, car de son point de vue, il ne faisait que chahuter. Le cheval peut alors perdre confiance en l'homme, se méfier de la proximité de nos mains de sa tête. Il sera alors difficile de lui mettre le filet ou la bride.



Pour décourager un cheval mordeur, si frotter vivement au-dessus de ses naseaux ne fonctionne pas, on peut essayer d'autres approches.

Quand il tente de mordre, bloquez immédiatement son mouvement avec l'avant-bras, de manière à ce qu'il se tape dedans. Ce n'est pas vous qui le tapez, mais c'est lui se tape dans votre bras.

Si vous avez une brosse ou une étrille en main, vous pouvez aussi interposer l'objet pour qu'il se cogne dedans.

En aucun cas vous ne le punissez, il se punit lui-même.

Une autre approche, consiste à mettre un licol corde sur le cheval, et à le tenir en main. Tenez le licol avec la main, là ou le montant rejoint la muserolle, et caresser le cheval, tout en posant votre pouce sur sa peau. Dès qu'il essaie de mordre, il ne pourra pas attraper votre main qui est hors de portée, mais il va appuyer fortement sur votre pouce que vous maintiendrez ferme, ce qui sera inconfortable pour lui. S'il se débat, il va tirer sur le licol que vous tenez, ce qui sera aussi inconfortable. Dès qu'il se calme, reprenez les caresses. Bientôt il comprendra qu'il est inutile d'essayer de mordre car c'est inefficace et n'apporte que de l'inconfort.



Quand un cheval mord exceptionnellement, c'est qu'il y a une raison. Plutôt que de réprimander, il faut essayer de comprendre cette raison.

Si un cheval a peur, qu'il se sent confiné et a l'impression qu'il ne peut s'échapper, alors il peut avoir un comportement qui semble agressif, dicté par son instinct de survie. C'est une erreur de punir un cheval effrayé, car cela va aggraver sa peur et empirer la situation. Essayez plutôt de le rassurer et de lui donner de l'espace.

Si un cheval ressent de l'inconfort ou de la douleur alors il peut l'exprimer par un comportement agressif. Si un cheval qui n'a pas peur et ne mord habituellement jamais se met à mordre ou fait semblant de mordre, on peut suspecter cette cause. Il peut s'agit d'un problème physique, comme un mal au dos, un mal aux dents... Il peut s'agir aussi d'un problème lié à l'équipement, comme une selle inadaptée, ou d'un problème lié à la manière de monter ou au travail demandé.

Si alors que le cheval tente de mordre, l'inconfort disparaît ou s’amoindrit, alors le cheval peut apprendre à mordre régulièrement. Par exemple, si on sangle un cheval trop fort et trop rapidement, et que le cheval essaie de mordre, alors on peut arrêter de tirer sur la sangle, ce qui soulage le cheval. Alors, rapidement, le cheval apprend à mordre quand on le sangle.

Si le cheval mord par inconfort, il faut rechercher la cause du problème. Une fois la cause identifiée, il suffit de la supprimer et le problème disparaît de lui-même.

Si la cause n'est pas adressée mais que mordre permet de soulager ponctuellement le cheval, cette récompense lui apprendra à mordre. C'est ainsi que sans s'en rendre compte, on peut apprendre à notre cheval à mordre.



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vendredi 10 mars 2017

Quel travail pour notre cheval?

Si on pense à notre travail, il y a des jours où on préférerait rester dans notre lit le matin ; la journée semble interminable et un rien nous distrait. D'autres jours, nous sommes angoissés et nous pensons que nous n'allons jamais y arriver. Il y a des jours où nous sommes pleins d'enthousiasme et de confiance, et alors que nous travaillons, nous ne sentons pas le temps passer. Nous sommes totalement investis dans notre tâche, concentrée, sereins. Alors, tout semble facile et agréable. Nous réussissons à accomplir notre travail sans effort, et nous somme heureux de le faire.

Après le travail, il y a le repos et les vacances. C'est important de pouvoir se reposer, mais après un temps, sans objectif, sans but, nous pouvons nous ennuyer. Si notre travail est intéressant, nous sommes alors contents de le retrouver.

Un cheval est comme nous. Il peut apprécier d'avoir un travail à faire et d'utiliser son énergie pour atteindre un objectif.

Rassemblement


Certains disent que le cheval est par nature un peu fainéant. Si on pense à ce que le cheval à fait pour l'homme depuis des millénaires, on peut constater qu'il n'a pas ménagé ses efforts : il nous a transporté, il nous a aidé à travailler le bétail ou les champs, il nous à aider à faire la guerre, à tirer toute sorte de charge... Le cheval sait travailler, et même assez rudement, ce que parfois nous oublions à notre époque dominée par l'équitation de loisir.

Le tri du bétail

Le cheval aime également le repos, mais il peut aussi être atteint par l'ennui. C'est particulièrement visible quand un cheval reste trop longtemps dans un box.

Tout comme nous, le cheval peut être motivé par un travail, mais tout dépend du travail.

Si un cheval ne semble pas motivé, plutôt de l'accuser de fainéantise, peut-être devons-nous adapter quelque chose pour qu'il retrouve la motivation.

Le cheval doit avoir à chaque instant un objectif clair. Il doit comprendre ce que l'on souhaite, et se sentir capable de le faire. Il est alors calme et sûr de lui.

Ensuite, il doit avoir une certaine autonomie pour accomplir son travail et ne pas être "surcontrôlé" pour rester volontaire.

S'il fait quelque chose ou une autre, il doit pouvoir avoir immédiatement la perception que ce qu'il a fait est une bonne chose ou une mauvaise chose. Si c'est une mauvaise chose, une difficulté par rapport à la réussite de son travail, il doit avoir la possibilité d'ajuster aussitôt son comportement. Si c'est une bonne chose, le retour positif lui confirme que la réussite de la tâche est proche. C'est ici que le rôle du cavalier est très important pour guider le cheval par des actions appropriées, ponctuelles et réalisés à des moments précis.

Enfin, le fait d'atteindre la réussite doit être une source de satisfaction immédiate, grâce à une récompense, sous une forme ou une autre. Il doit sentir que c'est un plaisir pour nous comme pour lui.

Si on travaille avec lui dans un objectif commun, avec la même implication, le même plaisir, c'est un partenariat qui rapprochera cheval et cavalier.

Peu à peu, le cheval sera de plus en plus concentré sur sa tâche, il gagnera en confiance et sera plus autonome, plus rapide. Il saura quoi faire, et il le fera, sans qu'il soit nécessaire de le "pousser", car le travail sera devenu motivant en soi.

Convoyage


Essayons  de présenter les choses à notre cheval d'une manière telle qu'il a l'impression d'avoir un travail qui a du sens, une tâche avec un objectif clair, qu'il peut réaliser en s'impliquant et qui lui permet d'obtenir un résultat satisfaisant.

Si on lui demande une chose totalement incompréhensible, ou une chose en dehors de sa portée, il perdra son calme ou sa confiance.

Si on lui demande de répéter sans cesse le même exercice dont il perçoit mal le sens, il s'agacera ou se désintéressera.

Si on cherche à trop le contrôler, qu'on le prive de toute initiative, et qu'on ne compte pas sur son intelligence, il perdra sa motivation.

Si on ne sait pas le guider au bon moment, il pourra se décourager.

Si on le force à atteindre un résultat, qu'on ne sait pas le laisser gagner pour le récompenser, le travail perd son intérêt.

Un cheval sera motivé si vous réunissez les ingrédients pour le motiver.

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vendredi 3 mars 2017

Une atmosphère positive

Quand nous apprenons, que ce soit nous ou le cheval, nous apprenons mieux si nous sommes dans une atmosphère positive. 

Les punitions, la peur ou les cris n'ont pas leur place dans l'éducation d'un cheval, car plus nous allons susciter en lui des réactions émotionnelles négatives, moins il sera en mesure de réfléchir.

Si nous lui demandons plus qu'il peut donner, ou si nous lui demandons de répéter sans cesse le même exercice sans répit, nous le plaçons dans une situation où il se sentira en échec, car il ne sera pas à même de faire quelque chose qui lui permet de réussir.
 
Une atmosphère positive, c'est arriver à intéresser le cheval par des activités variées et stimulantes, qui sont à la fois parfois de petits défis, mais qui sont aussi à sa portée.



Il ne sert à rien de demander trop, trop vite. La progression doit être graduelle. A contrario, laisser toujours le cheval dans sa zone de confort, et il ne progressera pas et finira même par s'ennuyer ;  il en fera même de moins en moins.

Parfois, il faut lui demander ce qu'il sait bien faire, et ça va le rassurer. Parfois, il faut le stimuler en lui en demandant "un peu plus". On le sort de sa zone de confort, et c'est une forme de pression pour lui, mais si la réussite est à sa portée, il va réussir, et il va en retirer une satisfaction. Apprendre peut et doit être une récompense en soi.

Quand on demande quelque chose de nouveau à un cheval, ou quelque chose qu'il ne maîtrise pas encore, on lui pose un problème dont il ne connaît pas encore la réponse. Il va chercher quoi faire, et dans ce processus d'apprentissage, il va se tromper.

Les erreurs sont naturelles. Il suffit d'indiquer au cheval que ce qu'il fait n'est pas ce qui est attendu et lui laisser continuer sa recherche.

Il est inutile de mettre l'accent sur les erreurs ou sur les mauvais comportements. Découragez-les, parfois au besoin avec fermeté, mais sans en faire toute une histoire. Donnez de l'importance à des choses négatives ne permet pas d'avoir une atmosphère positive.

A tout moment, il faut avoir la conviction que si on demande quelque chose à un cheval qu'il doit pouvoir faire, alors il va le faire. C'est juste une question de temps : il a besoin de temps pour comprendre ce qu'il faut faire, et vous, vous avez besoin de temps pour comprendre comment l'aider à faire.

Si au contraire vous pensez que le cheval ne va pas réussir, ou même se rebeller, ruer, embarquer ou vous mettre par terre, alors il y a de bonnes chances pour que ça arrive!

Si nous avons confiance dans le cheval, si nous sommes sûrs qu'il va réussir, alors nous créons une atmosphère positive. Nous ne cherchons pas à le forcer à donner le résultat attendu, mais nous cherchons comme le guider pour qu'il réussisse. Au besoin, nous adaptons notre présentation ou notre demande pour l'amener au succès.

Chaque fois qu'il réussit, c'est une récompense pour lui. Il prend alors confiance en lui, et il aura envie de réussir à nouveau. On a eu confiance en lui, et en retour, il prend confiance en lui et aussi en nous.

Pour nous aussi, les réussites de notre cheval sont une source de satisfaction. Une atmosphère positive bénéficie aussi bien au cheval qu'à nous.

Si nous perdons le sourire, si nous perdons confiance dans le cheval ou dans nous-même, alors certainement, nous ne sommes plus dans une atmosphère positive. Plutôt que de persévérer dans cette voie, il est temps de marquer un temps d'arrêt pour réfléchir ce que nous devons changer.

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