samedi 13 avril 2019

La compréhension avant tout

En équitation, les gens pensent que la technique est primordiale et qu'il est nécessaire de suivre une méthode. La technique est importante, mais c'est avant tout une affaire de compréhension entre le cavalier et le cheval.

La compréhension doit être mutuelle. Le cavalier doit comprendre le cheval, il doit arriver à sentir ce qu'il ressent. C'est difficile de réellement comprendre un cheval. Il est facile de le comprendre superficiellement, mais pour le comprendre en profondeur, c'est réellement quelque chose qui doit venir du plus profond de nous-même.

Le cheval doit aussi pouvoir nous comprendre. Est-ce sa responsabilité? Ou la nôtre? Le cheval va comprendre ce qu'il peut comprendre, et c'est pourquoi il est de notre responsabilité de nous présenter au cheval d'une manière qui soit compréhensible pour lui.

C'est pourquoi pour être compris, on doit avoir une bonne perception de ce qu'il pourra comprendre et de ce qu'il ne comprendra pas. Ce qui sera compréhensible pour un cheval à un instant donné, dépend de ce cheval, de ce qu'il ressent, de ce qu'il attend, de ce dont il a besoin à ce moment. Le préalable pour être compris du cheval, est de comprendre le cheval ; c'est ce qui nous permettra de déterminer ce que nous pouvons lui proposer, et de comment le lui proposer pour que ce soit compréhensible pour lui.


Les gens veulent des techniques, des méthodes. Ils veulent savoir ce qu'ils doivent faire dans telle ou telle situation. Mais il y a trop de situations différentes, trop de chevaux différents. Comment proposer une technique qui fonctionnerait dans tous les cas de figure sans considérer le cheval et là où il en est? Si seulement les choses étaient si simples! Non seulement nous devons nous adapter à chaque cheval, mais il est nécessaire de s'adapter pour un cheval donné, à ce cheval tel qu'il est aujourd'hui. Hier, il était différent, et il sera différent demain. Dans l'instant présent, il est dans un état d'esprit donné, et c'est comment il est dans cet instant que nous devons ressentir. Cet état peut changer à chaque seconde, et nous devons nous adapter à chaque seconde. Il ne peut rien y avoir de mécanique dans cette approche, il n'y a pas de méthode à suivre aveuglément. On ne peut qu'essayer de ressentir le cheval à chaque instant, et communiquer en retour sur la base de ce ressenti.

Sans doute, nous ferons des erreurs, à la fois dans notre ressenti tout comme vis-à-vis de ce que nous ferons pour être compris. Ceci est normal. La compréhension mutuelle n'est pas une chose facile et les choses ne se passeront pas toujours comme nous le souhaitons. L'important est alors d'analyser honnêtement la situation et de voir comment nous pouvons mieux comprendre ce cheval et être mieux compris de lui.

Parfois, on croit que le cheval ne veut pas répondre à nos demandes. Nos aides sont techniquement bonnes, et pourtant le cheval résiste. On est agacé de ce qu'on pense être de la mauvaise volonté, alors que souvent il s'agit juste d'un problème de communication et de compréhension. Le cheval ne fait pas ce que nous voulons, mais lui, il ne fait que ce qui lui semble être la meilleure option pour gagner le confort et la sécurité, de son point de vue.

Il ne faut pas négliger la technique, car elle peut nous aider à être mieux compris par notre cheval. La technique est importante, mais elle doit rester au service de la compréhension. Quand la technique ne fonctionne pas, quand la méthode que l'on a apprise ne donne pas le résultat prévu, alors c'est le moment de voir ce que nous devons faire pour mieux comprendre notre cheval et être mieux compris par lui.

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jeudi 17 janvier 2019

Compréhension et confiance

Si un cheval se trouve dans une situation qu'il ne comprend pas et dans laquelle il ne sait pas quoi faire, alors tout lui semblera confus. Plus la confusion sera importante, et plus il s'en remettra à son instinct de survie. C'est alors qu'il pourra chercher à nous échapper ou à se défendre.

Si au contraire, il comprend la situation et qu'il sait ce qu'il doit faire, alors il le fera. Il y a alors peu de chances qu'il résiste à nos demandes, et même, il pourra donner le meilleur de lui-même.

On ne peut pas garantir à un cheval qu'il se trouvera uniquement dans des situations qu'il comprend. Il y aura toujours des situations nouvelles et surprenantes. Il doit apprendre à gérer ces situations.

Dans l'éducation d'un jeune cheval, il est régulièrement confronté à des situations nouvelles. Pour plaisanter, on peut dire qu'il est difficile d'apprendre car il s'agit toujours de quelque chose que l'on ne connaît pas! C'est là où nous devons équilibrer les moments d'incompréhension et de compréhension et montrer au cheval qu'il est capable de passer de l'incompréhension à la compréhension.

Si nous allons trop vite dans l'éducation d'une jeune cheval, alors le risque est qu'il y ait pour lui trop de moment où il se sent confus. Ce n'est pas ainsi qu'il prendra confiance. La majorité du temps, il doit être en situation de répondre à nos demandes avec confiance.

Si au contraire, on maintient le cheval en permanence dans des situations qu'il connaît, alors il ne progresse pas et surtout, il n'apprend pas à affronter des situations nouvelles.

Il y a donc un équilibre à trouver, et il dépend du cheval. L'introduction de nouveaux exercices et de situation nouvelles doit donc se faire de manière mesurée.

Aussi, quand le cheval est plongé dans une situation nouvelle, nous devons préparer la situation pour qu'il puisse comprendre et trouver ce qu'il doit faire. Cela doit être assez facile pour qu'il rencontre le succès et assez difficile pour qu'il y trouve de l'intérêt et soit heureux de réussir.

Là aussi, il y a un équilibre à trouver. Parfois, nous pouvons faire une erreur d'appréciation et proposer quelque chose de trop difficile, et c'est là que le cheval peut devenir confus. Plutôt que de forcer les choses et d'aller vers la peur, la résistance, le ressentiment ou le découragement, il est plus simple de revenir sur un exercice que le cheval comprend bien, pour le rasséréner et ramener la confiance. Il est toujours possible de revenir ensuite vers l'exercice qui a posé problème, tout en l'adaptant pour que cette fois-ci, le cheval trouve la réussite.



Quand le cheval est confus lors d'un exercice et qu'il résiste, il est parfois difficile pour nous d'abandonner l'exercice. Certains pensent qu'ils céderaient face au cheval et qu'il est préférable de «réussir» en mettant plus de pression sur le cheval. Il est possible que cela fonctionne, mais nous devons nous poser la question de ce que le cheval apprend alors. Apprend-il à avoir plus confiance en lui et en nous?

Il n'est pas important de réussir un exercice donné à un moment précis. Il est toujours possible de le réussir plus tard, dans quelques minutes, ou dans quelques jours. Cela n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est d'apprendre au cheval à développer sa confiance, car la confiance appelle la confiance, et la confiance créée aujourd'hui pourra aider le cheval toute sa vie.

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jeudi 13 décembre 2018

Le cheval droit, toujours.

Le cheval droit saura mieux utiliser son corps. Il saura mieux effectuer les déplacements et manœuvres qu'on lui demande, et ceci ainsi bien à main gauche qu'à main droite.

Non seulement il sera plus performant, mais en utilisant mieux son corps, il utilisera les tensions inutiles et préservera son dos, son garrot, ses tendons, ses pieds... un cheval plus droit, est un cheval qui sera en meilleure santé.

Quels sont les principes généraux pour que le cheval soit droit ?

Le premier est de travailler la rectitude au plus tôt, et ceci dès le début du débourrage. La rectitude est le préalable de tout travail avancé, et non son aboutissement.

Le second est de ne pas forcer le cheval à se redresser, mais de le guider et de l'aider pour qu'il apprenne progressivement à se tenir droit.

Le troisième est d'être attentif en permanence à la rectitude du cheval, ceci même avant d'avancer, et de ressentir où et comment l'aider pour qu'il améliore sa position.

Le quatrième est de diriger notre attention et l'attention du cheval. Le cheval droit, c'est un cavalier et un cheval qui vont au même endroit, d'un même accord.

Le cinquième est que le cheval doit être totalement calme et décontracté pour être droit.

Le sixième est que le cheval doit se mettre en avant en étant équilibré et droit dès le premier pas. Ce sera alors plus facile d'entretenir la rectitude que de l'obtenir alors que le cheval était déséquilibré dès le départ.

Le septième est que le cavalier doit être droit pour que le cheval le soit.



Au-delà de ces principes, comment en pratique aider le cheval à être droit ?

Il existe de nombreuses techniques pour aider un cheval à se redresser. Il est possible d'en présenter quelques-unes ici mais le plus important est d'observer pour un cheval donné dans une situation donnée, ce qui va l'aider et comparer les effets de chaque action possible. En effet, il est difficile d'obtenir un résultat en appliquant une méthode sans sensibilité et sans appliquer la bonne chose au bon moment.

Tout d'abord, où le cheval a besoin d'aide? Si le cheval est fléchi vers la gauche, il a l'encolure qui part à gauche, mais il a aussi trop de poids sur l'épaule droite et l'antérieur droit. Aussi, ses hanches dérivent vers la gauche, et le postérieur gauche s'échappe et ne supporte pas assez le poids du cheval.

Le cavalier a naturellement tendance à focaliser sur ce qu'il voit devant lui. Il se concentre donc souvent sur l'encolure et la tête. Pourtant, souvent le problème prends sa source dans l'arrière-main. Si c'est le cas, et que le cavalier tente juste de redresser l'encolure en agissant latéralement avec la rêne, alors le cheval décalera l'arrière-main. Le cavalier peut alors penser que le cheval est droit, mais il n'est pas plus droit qu'avant que le cavalier n'agisse. Pire encore, si on agit par une pression constante de la main, alors le cheval voudra s'appuyer sur notre main. Ceci va accentuer son déséquilibre et nullement l'aider à être plus droit.

Beaucoup de chevaux ne sont pas droits car on cherche à trop positionner leur tête, trop tôt. Comprimés par le mors, tenu par l'assiette qui les poussent dans les mains, ils se contractent, pèsent en avant et les hanches partent sur le côté.

En premier lieu, assurons-nous que ce n'est pas à l'arrière-main que le cheval doit être aidé en priorité. Le préalable est que le postérieur du côté de la flexion se fortifie et s'engage mieux. Si le cheval est fléchi à gauche, on peut l'aider mieux positionner son postérieur gauche par une action de la jambe gauche. Si le problème est récurrent car le postérieur est devenu faible, alors on peut pratiquer la tête au mur à main droite, le cheval restant dans sa flexion à gauche.

Quand l'arrière-main est bien, alors on peut aider le cheval à se redresser en bougeant les épaules, pour que les épaules se replacent devant les hanches. Pour ceci, si le cheval est fléchi à gauche, il est possible d'agir avec la rêne gauche en montant la main vers le haut, et surtout pas en tirant vers l'arrière, car le cheval doit être mis en avant.

À ce stade, le travail de l'épaule en dedans en veillant à décontracter le cheval sera d'une bonne aide.

Un autre exercice que j'aime bien est de faire une serpentine sans chercher à être régulier sur la forme de la serpentine, mais en cherchant à progressivement tourner de plus en plus serré. En tournant, j'essaie d'avoir le cheval bien équilibré et détendu au maximum, puis je repars en ligne droite, et là j'en profite pour l'équilibrer et le rendre droit au maximum. Quand c'est le cas, j'entame le tournant dans l'autre sens. Passer d'un tournant à gauche à un tournant à droite en allant toujours en ligne droite entre les deux, permet d'utiliser la ligne droite pour aider le cheval à s'équilibrer. Si vraiment le cheval tombe sur l'épaule dans un tournant, alors je repars sur la ligne droite pour l'équilibrer à nouveau.

Même pour un cheval avancé, assouplir et équilibrer doivent rester un constant souci et plusieurs exercices peuvent être introduits, comme de travailler sur le cercle en épaule en dedans ou hanches en dehors, reculer sur un cercle, faire des serpentines en reculant...

Travailler aussi en s'éloignant de la barrière permet aussi de s'assurer que le cheval reste droit même sans cette référence.

Si vous êtes en permanence attentif à la rectitude, alors vous pouvez aider le cheval à être plus droit. L'amélioration peut être progressive. Inutile de recherche la perfection dès le premier jour, mais si on est attentif et qu'on aide le cheval quand c'est nécessaire, alors bientôt il se positionnera dès qu'on prendra le contact. Peu à peu le cheval comprend pourquoi il doit être droit, et la rectitude devient une habitude.


Note : Sur ce sujet, il est conseillé de lire également l'article sur le cheval droit ainsi que l'article attention et rectitude. Vous pouvez également lire équilibrer.











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