lundi 8 octobre 2018

Attention et rectitude

Quand l'attention du cheval est sur un point et qu'il se dirige vers ce point, alors il y a toutes les chances pour qu'il se déplace en étant calme et droit.

Pensez à un cheval dans son pré. Si on dépose du grain, alors son attention sera sur la nourriture et il se déplacera vers celle-ci. Il dirigera ses oreilles vers l'objectif et alignera son corps. Ces pieds fonctionneront de manière homogène, et son poids se répartira entre les pieds, l'avant-main fonctionnant avec l'arrière-main, l'un complétant l'autre.



Si au contraire son attention est sur un point et qu'il se dirige ailleurs, alors il y toutes les chances qu'il se déplace sans être droit. Il sera aussi probablement contracté.

Pensez maintenant à un cheval dans un pré qui est chassé par un autre cheval qui le menace de lui mordre la croupe. Il fuira à l'autre bout du pré, mais son attention sera derrière lui, sur son poursuivant . Il aura au moins une oreille orientée vers lui. Son encolure sera courbée, et le reste de son corps aussi. Son corps va se contracter et ses pieds ne seront pas équilibrés.




Quand on est avec notre cheval, que ce soit au sol ou monté, on peut essayer de ressentir où se porte son attention. On peut aussi observer comment son attention change, et comment nos propres actions peuvent aussi conduire le cheval à rediriger son attention. Parfois, ces actions sont volontaires, et parfois elles sont involontaires. Sans le vouloir, on peut diriger l'attention du cheval au mauvais endroit. Il faut être attentif à comment nos actions influent sur son attention.

Sommes-nous capables de faire en sorte que l'attention du cheval soit là où il doit aller? Sommes-nous capables de visualiser par où le cheval doit passer et de diriger notre propre attention ?

Avant même le premier pas, on peut visualiser ce que l'on veut que le cheval fasse et où on veut le diriger. Notre attention peut aider le cheval à diriger son attention et à se  préparer. Ainsi, quand le cheval part, si son attention et la notre se confondent, il pourra être droit.

Le cheval droit, c'est quand le cheval et son cavalier vont au même endroit d'un même accord.

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samedi 15 septembre 2018

Reconnaître l'instinct de survie du cheval

Nous le savons : le cheval est une proie, et sa nature fait que son instinct de survie est très fort.

Pourtant nous avons parfois tendance à oublier ce fait. Nous voulons que le cheval réponde à nos demandes ; quand il résiste ou veut se soustraire à nos demandes, nous pensons qu'il se moque de nous et que nous devons faire preuve d'autorité. Pourtant, il se peut que si le cheval agit comme il agit, ce n'est pas par malice, mais parce qu'il suit son instinct de survie.

Quand le cheval est préoccupé, il a besoin qu'on reconnaisse ce sentiment en lui. Il a besoin de voir qu'on comprend sa préoccupation et ce qui la cause. Il veut voir qu'on adapte notre attitude et notre comportement en fonction de ce qu'il ressent.

Le simple fait que l'on adapte notre attitude quand il est préoccupé lui montre qu'on reconnaît ses sentiments. Cela ne veut pas dire qu'on doit laisser le cheval prendre le dessus, ni qu'on doit le cajoler et le surprotéger à la moindre émotion. Il s'agit juste de comprendre ce qu'il ressent et de le guider et de l'aider.

Si alors que son instinct de survie est engagé, nous reconnaissons ce sentiment en lui et nous agissons pour lui apporter confort et sécurité, alors nous obtiendrons sa confiance. Il est prêt à nous suivre, non pas parce qu'on est «supérieur» mais parce qu'on sait lui montrer le chemin de ce qu'il doit faire pour retrouver la sécurité.



Ceci semble simple, mais souvent nous passons à côté de la compréhension dont le cheval à besoin.

Parfois le cheval est préoccupé, mais nous nous en rendons pas compte. Ou nous tardons à le réaliser. Ou on le réalise, mais nous ne comprenons pas la cause de son émotion. Nos sens sont moins sensibles que ceux du cheval ou nous ne sommes pas assez attentifs. Il se peut aussi qu'on perçoit ce qui préoccupe le cheval, mais qu'on ne comprenne pas que cette chose puisse causer une telle émotion. Quand un cheval est préoccupé, il ne simule jamais. Si on n'en comprend pas la raison, ce n'est pas qu'il agit sans raison : c'est que nous n'avons pas encore réussi à comprendre la raison. Nous devons alors nous efforcer à identifier cette cause et à comprendre la réaction qu'elle provoque.

Parfois nous comprenons que le cheval est préoccupé, et même nous comprenons ce qui le préoccupe, mais nous décidons de ne pas le prendre en compte. Autrement dit, nous pensons que le cheval doit avant tout répondre à nos demandes, et donc nous ignorons son état d'esprit et nous n'adaptons pas notre approche et notre attitude. Si nous agissons ainsi, il faut réaliser que cela peut être très angoissant pour le cheval lorsqu'on ignore totalement ce qu'il ressent. Si son instinct de survie est déjà engagé, cela ne fera qu'aggraver la situation, et le cheval sera encore moins en capacité de répondre à nos demandes.

Le cheval a besoin de savoir que quoiqu'il arrive, nous sommes avec lui. Il a besoin de comprendre qu'on ressent ce qu'il ressent, à chaque instant, et qu'on agit en fonction de ce qu'il ressent. Le cheval aussi ressent ce que nous ressentons et agit en fonction. Il le fait en permanence et attend la même chose de nous.

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dimanche 12 août 2018

Ensemble au sol

Au sol et le cheval en main,le cheval doit avancer avec nous. Il doit rester à nos cotés, sans qu'il soit nécessaire de tendre la longe et sans qu'il cherche à nous devancer.

Si on marche lentement, le cheval marche lentement. Si on marche vite, il marche vite. Si on court, il trotte avec nous.

Quelle que soit la vitesse, si on tourne à gauche ou à droite, il nous suit, sans qu'il soit nécessaire de le pousser ou de le tirer, car il garde une distance constante avec nous.

Si on s'arrête, il s'arrête. Si on recule, il recule. Il suit chacun de nos pas.

Le cheval doit être avec nous au sol, quelles que soient les circonstances. Dans la carrière ou le manège, dans les allées de l'écurie, en extérieur, que le cheval soit distrait, effrayé ou attiré par quelque chose.



C'est un objectif simple que l'on peut se fixer: qu'au sol, le cheval soit toujours avec nous. C'est une unité à créer. Nous menons et il suit ; c'est comme un enfant qu'on tient par la main, ou comme un couple de danseurs où l'un mène la danse et l'autre partenaire se laisse guider.

Créer cette unité au sol est moins simple qu'il n'y paraît. C'est une chose simple et qui n'a rien de spectaculaire, mais c'est une petite chose qui fait une grande différence.

Parfois, on me demande: «quel est le meilleur exercice à faire dans le travail au sol ?». Une chose simple mais importante à travailler est que le cheval reste avec nous quoi qu'on fasse et quoi qu'il arrive.

Comment espérer que le cheval soit vraiment avec nous quand on le monte, si déjà au sol,  nous n'avons pas réussi à créer par la communication une relation d'unité?

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