jeudi 13 décembre 2018

Le cheval droit, toujours.

Le cheval droit saura mieux utiliser son corps. Il saura mieux effectuer les déplacements et manœuvres qu'on lui demande, et ceci ainsi bien à main gauche qu'à main droite.

Non seulement il sera plus performant, mais en utilisant mieux son corps, il utilisera les tensions inutiles et préservera son dos, son garrot, ses tendons, ses pieds... un cheval plus droit, est un cheval qui sera en meilleure santé.

Quels sont les principes généraux pour que le cheval soit droit ?

Le premier est de travailler la rectitude au plus tôt, et ceci dès le début du débourrage. La rectitude est le préalable de tout travail avancé, et non son aboutissement.

Le second est de ne pas forcer le cheval à se redresser, mais de le guider et de l'aider pour qu'il apprenne progressivement à se tenir droit.

Le troisième est d'être attentif en permanence à la rectitude du cheval, ceci même avant d'avancer, et de ressentir où et comment l'aider pour qu'il améliore sa position.

Le quatrième est de diriger notre attention et l'attention du cheval. Le cheval droit, c'est un cavalier et un cheval qui vont au même endroit, d'un même accord.

Le cinquième est que le cheval doit être totalement calme et décontracté pour être droit.

Le sixième est que le cheval doit se mettre en avant en étant équilibré et droit dès le premier pas. Ce sera alors plus facile d'entretenir la rectitude que de l'obtenir alors que le cheval était déséquilibré dès le départ.




Au-delà de ces principes, comment en pratique aider le cheval à être droit ?

Il existe de nombreuses techniques pour aider un cheval à se redresser. Il est possible d'en présenter quelques-unes ici mais le plus important est d'observer pour un cheval donné dans une situation donnée, ce qui va l'aider et comparer les effets de chaque action possible. En effet, il est difficile d'obtenir un résultat en appliquant une méthode sans sensibilité et sans appliquer la bonne chose au bon moment.

Tout d'abord, où le cheval a besoin d'aide? Si le cheval est fléchi vers la gauche, il a l'encolure qui part à gauche, mais il a aussi trop de poids sur l'épaule droite et l'antérieur droit. Aussi, ses hanches dérivent vers la gauche, et le postérieur gauche s'échappe et ne supporte pas assez le poids du cheval.

Le cavalier a naturellement tendance à focaliser sur ce qu'il voit devant lui. Il se concentre donc souvent sur l'encolure et la tête. Pourtant, souvent le problème prends sa source dans l'arrière-main. Si c'est le cas, et que le cavalier tente juste de redresser l'encolure en agissant latéralement avec la rêne, alors le cheval décalera l'arrière-main. Le cavalier peut alors penser que le cheval est droit, mais il n'est pas plus droit qu'avant que le cavalier n'agisse. Pire encore, si on agit par une pression constante de la main, alors le cheval voudra s'appuyer sur notre main. Ceci va accentuer son déséquilibre et nullement l'aider à être plus droit.

Beaucoup de chevaux ne sont pas droits car on cherche à trop positionner leur tête, trop tôt. Comprimés par le mors, tenu par l'assiette qui les poussent dans les mains, ils se contractent, pèsent en avant et les hanches partent sur le côté.

En premier lieu, assurons-nous que ce n'est pas à l'arrière-main que le cheval doit être aidé en priorité. Le préalable est que le postérieur du côté de la flexion se fortifie et s'engage mieux. Si le cheval est fléchi à gauche, on peut l'aider mieux positionner son postérieur gauche par une action de la jambe gauche. Si le problème est récurrent car le postérieur est devenu faible, alors on peut pratiquer la tête au mur à main droite, le cheval restant dans sa flexion à gauche.

Quand l'arrière-main est bien, alors on peut aider le cheval à se redresser en bougeant les épaules, pour que les épaules se replacent devant les hanches. Pour ceci, si le cheval est fléchi à gauche, il est possible d'agir avec la rêne gauche en montant la main vers le haut, et surtout pas en tirant vers l'arrière, car le cheval doit être mis en avant.

À ce stade, le travail de l'épaule en dedans en veillant à décontracter le cheval sera d'une bonne aide.

Un autre exercice que j'aime bien est de faire une serpentine sans chercher à être régulier sur la forme de la serpentine, mais en cherchant à progressivement tourner de plus en plus serré. En tournant, j'essaie d'avoir le cheval bien équilibré et détendu au maximum, puis je repars en ligne droite, et là j'en profite pour l'équilibrer et le rendre droit au maximum. Quand c'est le cas, j'entame le tournant dans l'autre sens. Passer d'un tournant à gauche à un tournant à droite en allant toujours en ligne droite entre les deux, permet d'utiliser la ligne droite pour aider le cheval à s'équilibrer. Si vraiment le cheval tombe sur l'épaule dans un tournant, alors je repars sur la ligne droite pour l'équilibrer à nouveau.

Même pour un cheval avancé, assouplir et équilibrer doivent rester un constant souci et plusieurs exercices peuvent être introduits, comme de travailler sur le cercle en épaule en dedans ou hanches en dehors, reculer sur un cercle, faire des serpentines en reculant...

Travailler aussi en s'éloignant de la barrière permet aussi de s'assurer que le cheval reste droit même sans cette référence.

Si vous êtes en permanence attentif à la rectitude, alors vous pouvez aider le cheval à être plus droit. L'amélioration peut être progressive. Inutile de recherche la perfection dès le premier jour, mais si on est attentif et qu'on aide le cheval quand c'est nécessaire, alors bientôt il se positionnera dès qu'on prendra le contact. Peu à peu le cheval comprend pourquoi il doit être droit, et la rectitude devient une habitude.


Note : Sur ce sujet, il est conseillé de lire également l'article sur le cheval droit ainsi que l'article attention et rectitude. Vous pouvez également lire équilibrer.











FB : https://www.facebook.com/hommesetchevaux/





vendredi 16 novembre 2018

Le cheval « dangereux »

Quand le cheval a un comportement dangereux, qu'il se lève, se cabre, embarque ou bouscule, alors il faut comprendre pourquoi il agit ainsi.

Trop souvent la personne va prêter au cheval des motivations qui seraient celles que pourrait avoir un autre être humain : le cheval se moque de nous, il « fait du cinéma », il simule pour nous tromper... Souvent les motivations évoquées sont en relation avec l'ego de la personne. Elles conduisent alors toutes à la même conclusion : il faut montrer au cheval qui est le Chef, le « dominant ». Il s'ensuit un usage de fermeté excessive, de force, de punitions, ou même de violence.

Mais un cheval est un cheval et doit être considéré comme un cheval. Ses motivations ne sont pas celles d'un être humain. Si un cheval réagit dangereusement, c'est qu'il veut se protéger. Le cheval veut le confort et la sécurité. Face à l'inconfort et à une menace, il réagira pour retrouver le confort et la sécurité. Plus l'inconfort est grand ou plus la menace est perçue comme importante, alors plus la réaction sera forte. La réaction sera celle qui dans le passé a permis au cheval de retrouver confort et sécurité dans une situation similaire.



C'est l'instinct de survie du cheval. Il ne cherche qu'à se préserver. Nous devons reconnaître cet instinct dans le cheval. C'est ce qui nous permettra d'avoir la bonne attitude pour l'aider. Si on est « dans son camp » et que l'on guide et que l'on aide le cheval pour qu'il retrouve le confort et la sécurité, alors il développera sa confiance en nous. Avec cette confiance, il pourra prendre confiance en son environnement et en lui.

Si on ne reconnaît pas cet instinct de survie alors le cheval pensera qu'il ne peut compter que sur lui-même. Nous pouvons même nous retrouver dans une situation où nous sommes un obstacle entre lui et sa sécurité. C'est là que le cheval peut constituer une grave menace pour notre propre sécurité.

Si le cheval n'a pas confiance en nous et qu'il pense que sa sécurité est en cause, alors il fuira sans considération pour nous. Si on est au sol, il pourra nous piétiner. Si on le monte, il pourra embarquer sans écouter nos aides et sans se préoccuper des conséquences pour nous.

Si la fuite n'est pas possible ou suffisante, il pourra se cabrer ou ruer. Si on monte, la chute est probable, et dans un cabré, le cheval peut même se retourner sur nous. Si on est au sol, on peut être blessé par un coup de sabot. Ce n'est pas que le cheval nous attaque, il ne fait que se défendre, mais même si son action dangereuse n'est pas dirigée contre nous, ce n'en est pas moins dangereux.



Quand le cheval a ce type de comportement, il peut parvenir, d'une manière ou d'une autre, à retrouver du confort et de la sécurité. Dans ce cas, il apprend à reproduire le comportement dangereux.

Par exemple, un cheval qui a des dents de loup peut souffrir quand on utilise les rênes et que le mors entre en contact avec ces dents. S'il se cabre et que l'on tombe, il retrouve le confort, puisqu'on a lâché les rênes. Le cheval apprend que se cabrer permet d'échapper à une douleur dans sa bouche. Il suffit de quelques fois pour que cheval reproduise le comportement à chaque occasion similaire. Le cheval est devenu « dangereux » mais de son point de vue, il ne fait que faire ce qu'il doit faire pour se protéger, sur la base de son expérience.

Si on pense que le cheval qui a un comportement dangereux ne fait que se moquer de nous, alors au lieu de l'aider on cherchera à le « mater ». Alors que le cheval est déjà dans l'inconfort et dans l'insécurité, on n'augmentera par nos actions cet inconfort et cette insécurité. Peut-être qu'on peut combattre la peur par une plus grande peur, mais à quel prix? Quel sentiment peut alors avoir le cheval pour son cavalier ? Le risque est aussi fort que l'on ne fera que jeter de l'huile sur le feu, et qu'on poussera le cheval à une réaction encore plus extrême, réaction qu'il pourrait ensuite reproduire puisque nous lui avons appris.

Si au contraire on reconnaît l'instinct de survie du cheval et si on comprend comment cet instinct se manifeste, alors on aura une explication correcte expliquant son comportement. Grâce à ceci, on pourra déterminer comment réellement l'aider.

Si le cheval a appris à reproduire un comportement dangereux, il ne suffira pas d'offrir du confort. Il faudra aussi causer de l'inconfort quand il a le «mauvais» comportement. Il s'agit toujours de ce principe : rendre facile la bonne chose et rendre difficile la mauvaise chose. Pour rendre difficile la mauvaise chose, il peut être nécessaire d'être ferme avec le cheval, mais toujours, on offre aussi le confort autant que l'inconfort, et on lui laisse le choix.

Il ne faut jamais punir mais créer la situation qui permet au cheval de faire le choix de changer son comportement.

FB: https://www.facebook.com/hommesetchevaux/










lundi 8 octobre 2018

Attention et rectitude

Quand l'attention du cheval est sur un point et qu'il se dirige vers ce point, alors il y a toutes les chances pour qu'il se déplace en étant calme et droit.

Pensez à un cheval dans son pré. Si on dépose du grain, alors son attention sera sur la nourriture et il se déplacera vers celle-ci. Il dirigera ses oreilles vers l'objectif et alignera son corps. Ces pieds fonctionneront de manière homogène, et son poids se répartira entre les pieds, l'avant-main fonctionnant avec l'arrière-main, l'un complétant l'autre.



Si au contraire son attention est sur un point et qu'il se dirige ailleurs, alors il y toutes les chances qu'il se déplace sans être droit. Il sera aussi probablement contracté.

Pensez maintenant à un cheval dans un pré qui est chassé par un autre cheval qui le menace de lui mordre la croupe. Il fuira à l'autre bout du pré, mais son attention sera derrière lui, sur son poursuivant . Il aura au moins une oreille orientée vers lui. Son encolure sera courbée, et le reste de son corps aussi. Son corps va se contracter et ses pieds ne seront pas équilibrés.




Quand on est avec notre cheval, que ce soit au sol ou monté, on peut essayer de ressentir où se porte son attention. On peut aussi observer comment son attention change, et comment nos propres actions peuvent aussi conduire le cheval à rediriger son attention. Parfois, ces actions sont volontaires, et parfois elles sont involontaires. Sans le vouloir, on peut diriger l'attention du cheval au mauvais endroit. Il faut être attentif à comment nos actions influent sur son attention.

Sommes-nous capables de faire en sorte que l'attention du cheval soit là où il doit aller? Sommes-nous capables de visualiser par où le cheval doit passer et de diriger notre propre attention ?

Avant même le premier pas, on peut visualiser ce que l'on veut que le cheval fasse et où on veut le diriger. Notre attention peut aider le cheval à diriger son attention et à se  préparer. Ainsi, quand le cheval part, si son attention et la notre se confondent, il pourra être droit.

Le cheval droit, c'est quand le cheval et son cavalier vont au même endroit d'un même accord.

FB : https://www.facebook.com/hommesetchevaux/