mardi 1 mai 2018

Le cheval qui refuse d'avancer

Il peut arriver lors d'une promenade que le cheval stoppe soudainement sans raison apparente.

Le premier réflexe est alors de lui demander d'avancer à nouveau, mais s'il ne veut vraiment pas avancer, alors ses pieds resteront figés sur le sol.

Bientôt, devant ce refus, on demande plus fort : plus de jambes, cravache, éperons... Pourtant, le cheval ne veut toujours pas avancer, et un conflit s'installe. On met de la pression, on exige, mais rien n'y fait et le cheval cherche ce qu'il peut faire face à cette pression, sans pour autant avancer.

Il peut alors essayer de faire demi-tour, de sortir du chemin, et dans ce cas, nous allons essayer de le remettre dans la bonne direction, de l'y maintenir, pour lui demander d'avancer à nouveau.

Comme le cheval ne veut pas avancer et qu'il ne peut pas partir, il va chercher une autre solution. Il peut alors essayer de reculer, et plus on lui demande d'avancer, plus il recule. Il peut aussi aller vers des comportements plus dangereux, tel que se cabrer ou ruer. On veut avancer, mais le cheval ne veut pas avancer, et un conflit s'est installé. Le cheval adopte une défense, et si celle-ci est efficace, alors le comportement est susceptible de se reproduire les jours suivants.

Comme le cheval ne semble pas avoir de raison valable pour s'arrêter, on peut penser, à tort, que le cheval se moque de nous ou veut prendre le dessus. Croire ceci peut nous inciter à exacerber le conflit.



Généralement, un cheval refuse d'avancer car son instinct de conservation lui dicte de le faire. Qu'il s'agisse de peur ou d'anxiété, forcer le cheval à avancer contre son gré ne permettra pas de le rendre plus confiant.

Il est impossible de diriger un cheval qui n'avance pas.  Si les pieds du cheval sont comme gelés, il faut d'abord les débloquer et obtenir que le cheval bouge. Peu importe dans quel sens le cheval acceptera de se déplacer : devant lui, sur la gauche ou sur la droite, pour peu qu'il se déplace.

Plutôt donc que de forcer le cheval à continuer dans la direction que l'on souhaite, attachons-nous à obtenir un mouvement en déverrouillant ses pieds.

Sans utiliser les jambes, on peut utiliser une rêne directe, à gauche ou à droite, en mettant la main très à l'extérieur. La main doit exercer une pression latérale, sans tirer vers l'arrière. Maintenez cette pression, et attendez que le cheval se déplace d'un seul pas de côté. Quand le cheval bouge ses pieds, cessez toute pression sur la rêne. Le cheval s'est déplacé, peut-être juste d'un seul pas, mais c'est bien ce que l'on souhaite et on doit lui signifier en offrant du confort.

Si bien que l'on ait maintenu la pression sans rien faire, le cheval ne se décide pas à bouger, au bout d'un moment, essayez de le décider en tirant rythmiquement sur la rêne, comme en «pompant», sans relâcher la pression, et ceci jusqu'à obtenir un pas.

Quand le cheval a accepté de se déplacer d'un pas d'un côté, attendez quelques instants puis prenez la rêne de l'autre côté, et procédez de la même manière, pour obtenir un pas de l'autre côté. Recommencez encore, et en allant un pas à gauche, un pas à droite, puis à gauche et ainsi de suite, le cheval va avancer. Dès que le cheval fait un seul pas en avant, caressez-le quelques secondes.

Ce que nous nous attachons à faire, c'est que bouger ses pieds apporte du confort au cheval alors que rester immobile apporte un inconfort. Ceci doit l'amener à la «bonne» décision: bouger. Si le cheval accepte de bouger ses pieds, c'est un progrès et on peut construire sur ces bases, quelle que soit la direction qu'il ait pris.

Dès qu'il se déplace, allons avec lui. C'est une fois que l'on est avec lui que l'on peut commencer à lui demander d'aller avec nous. On peut alors essayer de lui demander de reprendre la direction que l'on souhaite.

Quand le cheval refuse d'avancer par peur ou anxiété, il a besoin de notre soutien, de nos encouragements et parfois, besoin de temps pour examiner et comprendre la situation pour décider qu'il peut avancer. Il n'a pas besoin de subir des mesures de coercition visant à le faire avancer dans une direction imposée qu'il ne peut accepter.

Ce qui peut nous guider sur ce que nous devons faire pour aider le cheval, c'est de comprendre ce qu'il ressent dans la situation dans laquelle il est, de voir les choses de son point de vue. Le cheval a toujours des raisons pour agir comme il agit ; si nous pouvons comprendre ses raisons, nous pouvons avoir des actions appropriées.


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3 commentaires:

  1. Intéressant, comme souvent ;)
    Et qu'en est-il de descendre de cheval, et le guider à pied?
    N'est ce pas une solution efficace également pour lui montrer que nous, guides, avons confiance pour aller de l'avant et l'inviter à nous suivre?
    Y a-t-il une grosse différence de perception, d'apprentissage de la part du cheval, si l'on préfère descendre plutôt que d'essayer de le convaincre d'y aller par lui-même?

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  2. Merci pour votre intérêt. A la lecture de l'article, plusieurs personnes ont suggérés ce conseil de descendre de cheval pour le mener afin de lui donner confiance : ceci peut aider ponctuellement. De même que de faire passer devant un autre cheval que votre cheval va alors sans doute vouloir suivre. Si cela peut résoudre la difficulté présente, il n'est pas certain que cela permettre au cheval d'apprendre à avoir confiance en lui et il y a un risque que cela devienne une habitude. Si on arrive à faire en sorte que le cheval prenne sa décision de ne pas se figer pour ensuite passer par lui-même, avec notre aide mais sans "béquille", il apprendra à être plus fort.
    Donc, oui, je crois qu'il y a une différence. Pour autant, je préfère infiniment un cavalier choisissant de descendre de son cheval pour lui donner confiance qu'un cavalier qui chercherait à forcer son cheval à avancer par la contrainte.

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  3. Merci pour votre réponse.
    D'accord, je comprends votre point de vue et la différence entre les 2.
    A adapter selon le niveau de confiance que l'on a avec son cheval et selon son expérience ;)

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