jeudi 24 mars 2016

Sans les mains

Qu'est-ce qui vous permet de diriger votre cheval?

Si vous répondez vos mains au travers des rênes, c'est vrai, mais si vous voulez avancer dans l'éducation de votre cheval, c'est avant tout vos jambes et également votre poids qui peuvent diriger le cheval et aussi contrôler son incurvation.

Si vous comptez trop sur les rênes, il sera difficile de viser des manœuvres plus avancées, comme par exemple, changer de pied, rassembler le cheval dans le cercle, travailler en contre-incurvation, ou tout simplement tourner dans la plus grande légèreté, avec des aides invisibles. C'est également indispensable pour bien diriger un cheval de bride à une main en équitation western.

Pour guider votre cheval avec vos jambes, il s'agit de maintenir le cheval entre vos jambes dans le changement de direction. Ainsi, si vous tournez à gauche, la jambe gauche est en retrait et la jambe droite légèrement avancée. Pour aller à droite, c'est la jambe droite qui est reculée et la jambe gauche légèrement avancée. Il s'agit juste de positionner vos jambes, sans se crisper et sans essayer de forcer le changement de direction avec les jambes.


Votre cheval doit apprendre à comprendre ses aides. Au pas, choisissez de tourner à gauche ou à droite, et positionnez vos jambes sans utiliser les rênes pour tourner. Au début, il y a toutes les chances pour que le cheval ne tourne pas et si au bout de quatre ou cinq pas il n'a pas tourné, utilisez les rênes. Une fois le tournant pris, marchez droit quelques pas, puis tournez dans l'autre sens, toujours en appliquant le même principe, c'est-à-dire essayer de tourner uniquement à l'aide des jambes, puis si le cheval ne tourne pas, alors demandez avec les rênes. Maintenez vos rênes longues pour que votre cheval se concentre sur vos jambes et non vos mains. En fait, c'est un exercice assez simple, il suffit de faire une serpentine au pas, en dirigeant le cheval en priorité avec les jambes, mais en utilisant les rênes quand les jambes ne fonctionnent pas.

Au bout d'un moment, et peut-être est-ce après plusieurs dizaines de tournants sur plusieurs séances, le cheval va commencer à faire le lien entre la position de vos jambes et le fait qu'il doit tourner pour rester entre vos jambes. A ce moment, il saura tourner sans que vos mains interviennent. Il faut parfois du temps et donc de la patience pour arriver à ce résultat.

Quant à votre poids, il est aussi une aide. Votre poids doit être légèrement sur l'extérieur tout en ne se penchant pas. Mettez votre cheval sur un cercle bien incurvé et jouez avec votre poids en le mettant plus ou moins à l'intérieur et à l'extérieur et vous verrez comment votre poids peut influer en bien ou en mal sur la trajectoire et l'incurvation de votre cheval ; expérimentez, et vous pourrez ainsi déterminer comment vous positionnez au mieux pour aider votre cheval à tourner.

Il suffit ensuite de combiner vos jambes et votre poids. Tentez d'obtenir alors la serpentine la plus précise possible dans une incurvation correcte, sans utiliser vos mains.

Une fois que vos jambes et votre poids deviennent des aides efficaces, votre contrôle de la direction et de l'incurvation sera meilleur, et ceci dans la légèreté. Vos mains seront libérées, et pourront ainsi trouver plus d'utilité pour mieux rassembler le cheval ou contrôler l'encolure indépendamment de la direction.



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jeudi 10 mars 2016

Exposer sans surexposer

Quand vous êtes chez vous, avec vos proches en train de faire vos activités habituelles, vous êtes vraiment détendu. Mais si vous êtes dans un endroit nouveau, avec des inconnus, à devoir faire quelque chose que vous n'avez jamais fait auparavant, vous allez certainement être plus attentif, tendu ou même stressé. Si alors la situation semble vraiment inhabituelle et même menaçante, le stress peut se transformer en panique. Un étranger à la mine patibulaire vous approche, et alors, vous ne réfléchissez plus, vous avez envie de crier ou de vous enfuir ou vous êtes prêt à vous défendre, alors que cette menace n'existe peut-être que dans votre tête.

Les chevaux, eux aussi sont pareils dans une certaine mesure. Quand il fait un exercice habituel dans la carrière de son écurie avec vous, votre cheval est dans sa zone de confort. En extérieur dans un chemin inconnu, ou dans un concours, ou avec un chien inconnu sur la route, ou si vous lui demandez une chose inhabituelle, votre cheval va entrer dans sa zone d'alerte. Il va alors être plus attentif,  observer en levant la tête, dresser ses oreilles, serrer sa mâchoire, ouvrir son œil davantage, tendre ses muscles, respirer plus fort, s'agiter... Plusieurs signes permettent de voir qu'il analyse son environnement et qu'il doit décider si la situation est acceptable ou s'il y a une menace. Si ce qu'il perçoit l'amène à penser qu'il est menacé, il va entrer dans la zone de réaction, c'est-à-dire qu'il va réagir pour assurer sa survie, et ceci que le danger soit réel ou non.

Oh! un truc bizarre!

Comme les chevaux depuis 50 millions d'années ont régulièrement joué le rôle du repas pour une multitude de prédateurs dont l'homme, l'instinct de survie est très fort chez lui. Il peut très rapidement et facilement passer de la zone de confort à la zone d'alerte puis à la zone de réaction.

La réaction qu'il va avoir alors en premier lieu est la fuite, car le cheval est un animal rapide dont l'espèce à survécu aussi longtemps grâce à cette capacité. Mais s'il ne peut s'échapper car il est confiné ou attaché, alors il peut combattre. Fuite ou combat, c'est quelque chose que vous voulez éviter, car une telle réaction peut être dangereuse, pour vous, pour lui et pour les autres.

On a tous nos propres frontières pour nos zones de confort, d'alerte et de réaction. Ce qui est confortable pour l'un pourra paniquer un autre. C'est notre personnalité et notre expérience qui définissent ces zones, et comme nous pouvons vivre de nouvelles expériences, ces zones peuvent évoluer dans le temps pour un même individu. Si la zone de confort de votre cheval s'étend grâce aux expérience qu'il vit, alors sa zone d'alerte sera aussi repoussée, c'est à dire qu'il deviendra plus confiant et sûr de lui. Si sa zone d'alerte est repoussée, la frontière avec la zone de réaction va aussi être repoussée. Votre cheval sera donc moins susceptible d'avoir une réaction dangereuse ; il sera donc à la fois plus sûr de lui et aussi plus sûr tout court.

Ceci ne peut pas arriver si votre cheval reste toujours dans sa zone de confort. Souvent, avec un cheval sensible, on a tendance à marcher sur des œufs, mais il ne gagne pas en confiance ainsi et vous ne pouvez pas le protéger de tout. Il y a aura toujours un élément incontrôlé qui va provoquer un problème ; il est préférable de créer des situations contrôlées qui vont challenger votre cheval que de subir des situations incontrôlées.

Vous devez l'exposer à des situations nouvelles qui vont le pousser dans sa zone d'alerte, mais faire attention qu'il reste alors le plus calme possible jusqu'au moment où il va arriver à accepter cette nouveauté, et l'intégrer dans sa zone de confort. Quand ceci va arriver, il va se relâcher, détendre sa mâchoire, mâchouiller, se lécher les lèvres, cligner des yeux, baisser son encolure... Laissez-lui le temps pour profiter de cette relaxation et tirer parti de cette expérience.


Ouf, tout va bien.

Si, en le poussant hors de sa zone de confort, vous allez trop loin, alors vous pouvez le faire entrer dans sa zone de réaction. C'est ce que vous devez éviter : vous devez l'exposer à de nouvelles situations, mais vous ne devez pas le surexposer. Non seulement la réaction qu'il peut alors avoir n'est pas désirable, mais si, du fait de sa réaction, il arrive à retrouver la zone de confort, alors il apprend que c'est ce comportement qui lui a permis de survivre à la menace. Exposé à nouveau à la même situation, il pourra alors reproduire la même réaction indésirable. C'est ainsi qu'il est facile d'apprendre un cheval à embarquer, à ruer, débarquer son cavalier et d'autres comportements dangereux.

Il est parfois nécessaire de flirter avec la limite entre la zone d'alerte et de réaction, en particulier pour aider le cheval à surmonter des traumatismes, ou pour créer de brefs moments de paniques contrôlés afin d'apprendre à un cheval à gérer une telle situation. Cela demande du tact, et, dans toutes les autres situations, il est préférable de garder une marge de sécurité.

Sachez apporter chaque jour de petits défis à votre cheval, qui vont lui permettre de développer sa confiance, tout en étant à son écoute pour le maintenir aussi détendu que possible.

 
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