mardi 27 juin 2017

Discipline ou liberté ?

Un cheval pour mieux apprendre et pour développer sa personnalité doit bénéficier d'une certaine liberté. Il doit pouvoir utiliser sa curiosité, explorer et faire des erreurs. C'est ainsi, au travers des expériences qu'il va vivre, qu'il apprendra à réfléchir et deviendra plus confiant en lui-même.

Si au contraire, on cherche à contrôler le cheval en permanence, cela le déresponsabilise. En tentant de le maintenir en permanence en position, il n'apprend pas à se mettre en position. En contrôlant chaque mouvement, il n'apprend pas à faire le mouvement de lui-même avec envie.

Donner de la liberté et de l'autonomie au cheval, c'est ce qui lui permettra d'être léger et d'avoir du brillant. Il aura l'opportunité de donner le meilleur de lui-même.

Donner de la liberté au cheval ne signifie pas qu'on doit laisser le cheval faire tout ce qu'il veut. On s'attend à ce qu'il réponde à nos demandes et nos efforts doivent viser ce résultat. Il doit aussi respecter les règles et les limites claires qu'on lui fixe. En un mot : il doit y avoir de la discipline.



Il n'y a pas de contradiction entre la liberté et la discipline. La liberté s'exerce dans un cadre et ce cadre existe de par la discipline.

La discipline ne doit pas s'obtenir par la peur et la domination. Ce n'est pas quelque chose que le cheval nous devrait parce qu'on lui serait supérieur.

Si nous sommes bienveillants vis-à-vis du cheval, si nous faisons que ce qui est nécessaire pour qu'il respecte les règles, il parviendra à la conclusion que le respect des règles assure son confort.

Quand c'est nécessaire, on peut faire preuve de fermeté, mais sans colère, sans agression, sans cri et sans chercher à "avoir le dessus". Si quand il cède, alors la pression disparaît aussitôt sans qu'il y ait de ressentiment, alors il comprendra que lutter contre les limites, c'est comme de lutter contre lui-même.

La discipline ne doit pas être une oppression contre le cheval. C'est quelque chose que progressivement il accepte et même recherche, car cela lui apporte le confort et un sentiment de sécurité.

La discipline est le cadre qu'on lui fixe et qui lui permet de connaître l'espace de liberté dont il a besoin.

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lundi 19 juin 2017

Pschitt

Alors que les insectes reviennent avec les beaux jours, il va être nécessaire de protéger nos chevaux. Plusieurs produits répulsifs doivent être pulvérisés sur leur corps, mais parfois, notre cheval a peur du "spray". Comment faire pour l'habituer ?

Pour ceci, on peut commencer avec un spray rempli d'eau. Cela permet de s’entraîner sans gaspiller de produit, mais aussi sans risque si le cheval bouge d'asperger ses yeux avec un produit.

Mettez un licol sur le cheval avec une longe assez longue, en lui laissant une certaine liberté, puis allez dans un espace où le cheval pourra bouger sans être contraint. Surtout pas dans son box ou dans un couloir où il pourrait se sentir confiné.



D'abord pulvérisez, mais sans diriger le jet vers le cheval. Il peut être néanmoins surpris par le bruit, et il va certainement bouger. Laissez-le bouger en le tenant toujours avec la longe, et bougez avec lui, pour rester au même niveau, tout en continuant à pulvériser. Peut-être qu'il va tourner sur lui-même quelques tours, mais au bout d'un moment, il va s'arrêter ou ralentir, et pour le récompenser, cessez de pulvériser. S'il veut inspecter le spray avec son nez, laissez-le faire. Au bout d'un moment, reprenez la pulvérisation. Il bougera encore, et vous répéterez la même procédure. Au bout d'un moment, il va comprendre qu'il est préférable de ne pas bouger. Récompensez et faites une pause.

Recommencez l'exercice de l'autre côté. le cheval doit être habitué des deux côtés.

Quand le cheval tolère le spray des deux côtés, commencez par pulvériser en l'air et laissez l'eau retomber en pluie fine. S'il bouge, tournez avec lui de la même manière que précédemment, et cessez dès qu'il s'arrête.

Quand il tolère cela sans bouger, vous pouvez maintenant l'habituer à être pulvérisé directement, toujours de la même manière.

Pulvérisez à différents endroits du corps. Si un endroit semble sensible, habituez-le à être pulvérisé à cet endroit spécifiquement.  Peu à peu, il acceptera d'être pulvérisé sans bouger, sans qu'il soit nécessaire de le contraindre d'aucune sorte.

Vous pouvez maintenant utiliser un produit actif.

Habituer progressivement le cheval au spray peut sembler long, mais investir quelques instants permettra ensuite de le pulvériser toute sa vie dans la sérénité.

Voici une recette "maison" qui permet d'avoir un produit naturel à moindre coût

  1. Moitié vinaigre de cidre, 
  2. Moitié eau
  3. Quelques Clous de girofles
  4. Quelques gouttes (~10 par litre) d'huiles essentielles parmi : citronnelle, pélargonium (géranium), menthe poivrée, teatree, eucalyptus, lavande, romarin à camphre… Selon les insectes présents :
  • Teatree : tiques
  • Pélargonium / citronnelle : moustiques et moucherons
  • Romarin  / Menthe : insectes responsables
    de la DERE
  • Lavande : puces et poux
Mettre en spray et secouer. Ne pas pulvériser sur les yeux ou les naseaux (pour la tête, on peut en mettre un peu sur les doigts et étaler en restant à distance des yeux).

Ce mélange repoussera les insectes quelques heures.

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jeudi 15 juin 2017

Le cheval courageux

Quand on voit les pompiers, policiers, gendarmes et soldats accomplir leur devoir dans les situations les plus extrêmes, on admire leur courage et leur maîtrise de soi. Il est probable que nous-même, dans une situation de ce type, nous serions affolés et désemparés.

Est-ce que ces hommes et ces femmes sont  nés avec le courage dans le sang? Chacun a sa nature, plus ou moins aventureuse. Néanmoins, ils sont capables de faire ce qu'ils font grâce à l'entraînement qu'ils ont suivi. Ce courage, ils l'ont gagné par le travail, l'expérience et l'apprentissage.

On dit que les chevaux sont naturellement peureux, que parfois ils voient des "trolls" derrière les buissons, car ils s'effraient de choses qui sont imperceptibles pour nous, ou de choses pour lesquelles on n'imagine pas qu'elles peuvent être effrayantes.

Pour les chevaux de ranch, le courage est une qualité nécessaire

Il faut se souvenir qu'au travers les siècles, les chevaux nous ont aidé à faire la guerre. Ils savaient être des compagnons fidèles au milieu du fracas des batailles. Encore aujourd'hui, les chevaux sont utilisés par les forces de l'ordre; Ils sont aussi toujours utilisés pour travailler le bétail, dans des situations exigeantes au milieu de bêtes parfois rétives. Dans certaines compétitions, les chevaux doivent aussi avoir beaucoup de courage pour réussir.

On a oublié que les chevaux étaient aussi des soldats

Les chevaux ont un instinct de survie très fort, mais sans aucun doute, ils peuvent être aussi très courageux.

Comme nous-mêmes, ce n'est pas inné. Ce n'est que par l'entraînement, l'expérience et les situations affrontées avec succès que les chevaux peuvent gagner en courage.

C'est un processus graduel. Il faut progressivement exposer le cheval à des situations qui lui demandent d'apprendre et de progresser, des situations qui vont lui demander un effort, mais pour lesquelles on sait qu'il peut les surmonter avec succès.

Peu à peu, le cheval apprend à contrôler sa peur. Il apprend aussi à se tourner vers nous. Il apprend qu'il peut "gagner", et être plus fort que sa peur. Ceci est vrai si on sait l'aider, si on lui laisse le temps d'appréhender les situations inquiétantes sans le forcer, mais aussi sans le protéger de manière excessive.

Il faut accueillir chaque chose qui fait peur au cheval de manière positive, car c'est à chaque fois une opportunité d'apprentissage pour lui.

Chaque situation nouvelle, inconnue, peut  faire peur au cheval. Mais il apprend progressivement à les surmonter plus rapidement. Le courage est une habitude.

Le courage de notre cheval dépend moins de sa nature première que de ce que nous lui offrons.

Si nous pensons qu'il est peureux il restera peureux. Si nous pensons qu'il peut devenir courageux, il deviendra courageux.

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vendredi 9 juin 2017

Le cheval droit

Un être humain est gaucher ou droitier. Il a un côté fort et un côté faible.

On n'y pense pas, mais quand vous commencez à marcher, il y a une chance que vous utilisiez un pied plus souvent qu'un autre. De même quand vous mettez un pantalon. Si vous mettez votre chemise ou votre blouson, vous allez généralement commencer toujours par enfiler le même bras.

Tout comme nous, le cheval n'est pas symétrique.

S'il avance face à lui, il aura l'encolure orientée vers un côté plutôt que l'autre. Suivant l'encolure, c'est l'ensemble du cheval qui se tord en un arc. Par exemple, si l'encolure va vers la gauche, l'arrière-main ira aussi vers la gauche, le cheval étant courbé, creux du côté gauche.

Beaucoup de chevaux sont fléchis à gauche. Peut-être est-ce parce que nous les travaillons d'abord en se positionnant sur leur gauche.

L'encolure pesant vers la gauche, elle surcharge l'épaule droite par compensation, pour s'équilibrer, car le poids se porte à l'avant sur l'antérieur droit.

Les postérieurs sont décalés, le gauche allant plus en avant que le droit. Il s'engage mal sous la masse, ne portant pas le poids du cheval. Le cheval ne se propulse pas en utilisant les deux postérieurs de manière homogène.

Même sur un cercle, le cheval est tordu, et on peut constater que les postérieurs n'empruntent pas les mêmes trajectoires que les antérieurs. A l'avant-main comme à l'arrière-main, les pieds gauches ne fonctionnent pas non plus comme les pieds droits car la répartition du poids est différente de chaque côté.

Sur la ligne droite, on peut percevoir une tension différente entre la rêne gauche et la droite. Quand on tourne, on contacte qu'il y a un côté plus facile que l'autre.

Si le cheval est tordu sur la gauche,  il tournera plus facilement sur la gauche que sur la droite.

En allant à gauche, du fait de la surcharge de l'épaule droite, il aura tendance à grandir le cercle.

En allant à droite, il pourra résister, avoir des difficultés à s'incurver car il doit s'incurver à l'opposé de son incurvation naturelle. Ne s'incurvant pas correctement, la tête regardant vers l'extérieur, il tombe l'épaule vers la droite, dans l'intérieur du cercle.

Un cheval qui est tordu aura du mal à avoir une bonne impulsion. Il aura des difficultés dans toutes les transitions. Le cheval tordu, étant toujours fléchi dans un sens plutôt qu'un autre, développe ses muscles de manière inégale : un côté sera plus fort que l'autre.

S'il est naturel qu'un cheval ne soit pas symétrique à sa naissance, il sera plus facile de redresser un jeune cheval qu'un cheval plus âgé qui a pris de mauvaises habitudes. C'est donc quelque chose que l'on doit prendre en considération le plus tôt possible.

C'est une chose à laquelle il faut faire attention en permanence. Si on n'y prend garde, le cheval prendra des mauvaises habitudes. Si on y fait attention, on pourra voir quand le cheval n'est pas droit et on sera en mesure de l'aider.

Au sol, il faut travailler chaque exercice des deux côtés de manière égale.



Au travail monté, il est préférable de partir droit et de rester droit que de redresser le cheval une fois qu'il a pris son départ.  Pour ceci, on peut retenir le cheval au départ, pour lui demander de se redresser.  Quand il ploie l'encolure d'un côté, on peut utiliser la rêne du côté opposé pour créer une tension. Si alors on attend sans tirer, il va s'appuyer jusqu'au moment où il va céder à sa propre pression et se redresser. S'il n'est pas totalement droit et a même un peu incurvé son encolure de l'autre côté, ce n'est pas grave. Il est plus droit qu'il ne l'était et c'est le principal. C'est alors qu'on peut le laisser partir.
La rectitude et l'équilibre sont liés. En retenant le cheval au départ, on cherche la rectitude tout comme l'équilibre. Pensez qu'en prenant le contact, vous voulez que le cheval puisse s'équilibrer de manière à ce qu'il pourrait aussi bien avancer que reculer. C'est comme de se préparer à demander le reculer, mais sans reculer ; vous cherchez l'équilibre, et même si le cheval recule d'un pas ou deux, ce n'est pas grave. Une fois que vous sentez que vous êtes dans cet équilibre, demandez lui d'avancer.

Par la répétition, il comprendra peu à peu que dès que l'on prend le contact pour partir, il doit être droit et équilibré. Il comprendra aussi qu'il est plus confortable de cette manière et verra l'intérêt de ce qu'on lui demande.

Une fois qu'il se déplace, on pourra l'aider à rester droit par des aides ponctuelles. Le but n'est pas de le forcer à rester droit, mais de l'aider à trouver son confort dans le fait d'être droit. C'est aussi pourquoi il faut parfois laisser le cheval assez libre avec les rênes, sans l'abandonner. Aidez-le quand il est tordu, et dès qu'il se redresse, même sans être parfait, relâchez la pression et voyez s'il se met droit par lui-même. C'est ainsi que le cheval aura envie d'être droit. Le cheval trop contraint n'arrivera pas à se redresser et perdra l'impulsion ; il peut même se contracter ce qui aura pour conséquence qu'il se tordra davantage. Plus il sera calme, plus il pourra comprendre ce qu'on attend de lui. Quand il comprend qu'il doit rester droit, on pourra progressivement au cours de son éducation être plus exigeant, sans jamais le forcer.

Si le cheval part en équilibre et droit et que malgré tout, en avançant, on perd l'équilibre sans arriver à aider le cheval à le conserver ou à le retrouver, alors il est parfois préférable de demander l'arrêt et de repartir droit et équilibré.

Si le cheval est tordu, il ne faut pas essayer de compenser en étant soi-même tordu. On doit soit-même être droit, et si nous ne le sommes pas, cela n'aidera pas le cheval. On ne peut pas exiger du cheval ce qu'on ne peut pas lui offrir nous-même.

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