jeudi 21 janvier 2016

Le montoir

Nous aimons être à l'aise au montoir avec un cheval qui ne bouge pas, mais pour que le cheval ne bouge pas, il doit lui aussi être à l'aise au montoir.

S'il a une cause d'inconfort lors du montoir, il bougera pour trouver du confort, et s'il trouve ce confort en bougeant, il va prendre l'habitude de bouger.

Sans réaction de notre part, cette habitude s'installe et peut s'amplifier avec le temps, jusqu'à ce que cela devienne un véritable problème.

On doit donc veiller à ce que le cheval soit toujours confortable lors du montoir, et que s'il bouge, cela soit inconfortable pour lui. Il comprendra de lui-même que s'immobiliser au montoir est la meilleure décision qu'il peut prendre.



Concernant le confort que l'on peut lui offrir, voici quelques pistes.

D'abord assurez-vous que votre cheval n'a pas de problème de dos ou une selle inadaptée.

Avant de monter, le cheval doit déjà être détendu à pied. On peut s'en assurer juste en le caressant à la base de l'encolure. Si ce n'est pas le cas, un peu de travail au sol peut être nécessaire, car un cheval contracté ou ayant trop d'énergie ne sera pas à l'écoute et aura du mal s'immobiliser lors du montoir.

Puis, avant de monter, il est important que le cheval comprenne que l'on va monter. Il peut ainsi se préparer, positionner ses pieds de la bonne manière et s'immobiliser. Si les pieds ne sont pas bien positionnés, par exemple en étant pas assez écartés, le cheval peut lors du montoir devoir se déplacer pour regagner son équilibre. Un jeune cheval peut aussi avoir peur d'être déstabilisé. Pour préparer le cheval, vous pouvez gentiment mais fermement secouer la selle de gauche à droite en attrapant la corne (ou le pommeau pour une selle classique) avec l'avant-bras appuyé sur le côté droit de la selle. Cela va bouger son corps de gauche à droite jusqu'à ce que ça le conduise à écarter ses pieds. Il va aussi résister contre le mouvement, et il sera plus tonique musculairement. Dès que les pieds sont bien positionnés et que l'on sent que le cheval est solide sur ses pieds, alors il sera stabilisé et sera moins susceptible de bouger lors du montoir. Pensez à quelqu'un qui essaie de vous poussez de gauche à droite pour vous déstabiliser. Vous allez aussi écarter vos pieds et résister pour ne pas tomber, et vous serez alors stable sur vos appuis. C'est le même type d'effet à rechercher avec le cheval.

Mettez votre pied dans l'étrier ; la main qui tient les rênes tient aussi la crinière du cheval et seule l'autre main tient la selle, sur le côté droit et en avant de la selle, l'avant-bras posé dessus. Ne tenez pas les rênes serrées, car c'est inconfortable pour le cheval, et cela peut aussi être même dangereux. C'est le cheval qui doit décider de rester immobile prêt de vous, pas vous qui devez le tenir par les rênes pour qu'il reste en place.

Alors, utilisez principalement l'impulsion de votre pied au sol pour ne pas vous hisser avec vos mains. Vos mains ne sont que des points d'appui. C'est plus confortable pour le cheval de cette manière. Veillez à ne pas enfoncer le bout de votre botte dans le cheval.

Une fois hissé en position d'équilibre, votre poids doit être sur le cheval et non dans l'étrier. Si l'équilibre est bon, pour vous comme pour le cheval, alors vous pouvez rester ainsi aussi longtemps que nécessaire.

Vous pouvez ensuite passez votre jambe au-dessus du cheval, sans toucher le cheval avec votre pied, puis vous poser sur la selle avec douceur. Il ne reste plus qu'à glisser le pied dans l'étrier. Faites-le en mettant le talon vers l'extérieur pour que le pied entre avec un angle dans l'étrier, pour que le cheval ne prenne pas çà comme une incitation à avancer.

Le cheval doit ensuite attendre votre demande pour avancer. S'il anticipe, demandez aussitôt l'arrêt.

Lors du montoir, le cheval ne doit jamais être attaché, ce qui peut être dangereux. Faire tenir le cheval par quelqu'un ne résout pas les problèmes de montoir.

N'essayez pas de monter s'il bouge, même seulement un peu. Si vous acceptez de monter sur un cheval qui bouge un peu, il bougera plus demain, et le problème au départ mineur s'aggravera au cours du temps.

Si votre cheval a déjà pris l'habitude de bouger, et surtout si cette habitude est installée de longue date, il va être nécessaire de faire preuve de patience pour le rééduquer.

Pour ceci, voici quelques petits exercices que vous pouvez essayer.

Mettez votre main sur l'étrier et appuyez vers le bas, pour simuler le poids de votre pied. Si le cheval bouge, repositionnez-le, c'est à dire faites le reculer pour qu'il revienne où il était, puis recommencez. Dès qu'il ne bouge plus avec cette pression dans l'étrier, félicitez et laissez-lui quelques instants pour réfléchir à tout ça. Vous pouvez faire cet exercice des deux côtés, jusqu'à ce que le cheval ne bouge plus quand il sent une pression dans l'étrier. Cet exercice est facile pour nous, car nous n'avons même pas besoin de lever la jambe.

Comme exercice suivant, levez votre jambe comme si vous alliez mettre votre pied dans l'étrier, mais sans le faire. Si le cheval bouge, repositionnez-le, et comme pour l'exercice précédent recommencez autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce que le cheval ne bouge plus. A ce moment, félicitez et laissez-lui quelques minutes.

A ce stade, comme le cheval ne bouge pas s'il sent une pression dans l'étrier et comme il ne bouge pas si vous levez votre pied en direction de l'étrier, alors il ne devrait plus bouger si vous mettez votre pied dans l'étrier. Cependant, si vous sentez qu'il va bouger, retirez le pied avant qu'il ne bouge et recommencez. S'il bouge, enlevez votre pied, repositionnez le cheval, et recommencez ou revenez aux exercices précédents.

Tous ces exercices doivent s'accomplir dans le calme et sans réprimande.

Avec certains chevaux, plutôt que de simplement repositionner le cheval à son point d'origine s'il bouge, on peut essayer de lui demander une flexion, ou de le faire travailler vigoureusement au sol. Ceci peut l'inciter à choisir de ne plus bouger pour ne pas avoir à travailler.

Si vous sentez que le cheval s'apprête à avancer et que vous êtes en position pour le faire, vous pouvez essayer de vous positionner légèrement vers l'avant du cheval pour le dissuader. Il s'agit de supprimer l'ouverture qu'il peut trouver vers l'avant juste au moment où il décide d'avancer, mais avant qu'il avance.

Si votre cheval ne bouge déjà plus avec le poids de votre pied dans l'étrier, vous pouvez maintenant vous hisser. Marquez un temps d'arrêt en vous mettant en équilibre au-dessus du cheval, mais sans commencer à passer votre jambe. S'il bouge, surtout ne passez pas votre jambe. Vous pouvez alors essayer soit de rester dans cette position jusqu'à ce que le cheval s'immobilise à nouveau, soit revenir au sol pour repositionner le cheval. S'il est immobile, vous pouvez utiliser votre main qui ne tient pas les rênes pour caresser le cheval, puis s'il est bien détendu, vous passez votre jambe pour vous asseoir en douceur.

Changer un comportement ancré depuis longtemps peut demander de la patience ; mais si vous préparez le cheval à être monté et que vous rendez confortable son immobilité et inconfortable le fait de bouger, il finira par adopter la bonne solution, sans qu'il soit nécessaire de le forcer à rester immobile.

Une fois que le cheval accepte d'être monté du côté gauche sans encombre, vous pouvez obtenir le même résultat en montant du côté droit. Il peut toujours y avoir une situation où ce sera nécessaire, et en préparant le cheval à l'avance, ce ne sera pas une difficulté.




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samedi 16 janvier 2016

L'arrêt

Pour qu'un cheval s'arrête, on pense souvent à agir en premier avec les rênes. Mais si vos mains tirent sur sa bouche, sa bouche tirera sur vos mains. Et au fur et à mesure, il faudra tirer de plus en plus fort et donc il appuiera de plus en plus avec sa bouche. Si le cheval appuie avec sa bouche sur vos mains, et donc sur le mors, il reporte son poids vers l'avant, et donc tente de s'arrêter en pesant sur ses antérieurs. Si le cheval s'arrête en pesant sur l'avant-main, son arrêt sera médiocre. Lors d'un arrêt du galop ou même du trot, le cheval ne pourra s’arrêter correctement et confortablement. Soit l'arrêt sera saccadé, soit le cheval continuera à avancer sur plusieurs pas, refusant de s'arrêter.

La seule solution consiste à ne pas s'arrêter en tirant sur les rênes, et obtenir du cheval qu'il s'arrête de lui-même. Ce n'est pas vous qui arrêtez le cheval, mais le cheval qui s'arrête de lui-même. Votre idée de s'arrêter est devenue la sienne.

Dans ce cas, il doit trouver peu à peu son équilibre au fur et à mesure de son éducation, avec l'aide du cavalier. Dans cet équilibre, le cheval soit s'arrêter avec son poids sur l'arrière-main, en engageant ses postérieurs.



Assurez-vous que le cheval soit bien droit avant de demander l'arrêt.

Que vous soyez au pas, au trot ou au galop, votre rythme et l'énergie de votre corps doit correspondre à l'allure. Pour demander l'arrêt, comme pour demander toute transition, changez le rythme et l'énergie de votre corps.  A l'arrêt, correspond l'absence de rythme et d'énergie, et c'est donc ceci que votre corps doit faire : abandonner tout rythme et baisser l'énergie, c'est-à-dire arrêter tout mouvement, en se décontractant, comme si vous vouliez vous fondre dans la selle pour que le cheval se fonde dans le sol. Votre poids doit alors naturellement se positionner vers l'arrière. Pour bien vous décontracter, ne bloquez pas votre respiration mais expirez.

Concernant les rênes, prenez le contact sans tirer. Pensez que votre cheval va s'arrêter de lui-même et que, comme vous lui faites totalement confiance, il est donc absolument inutile de tirer sur les rênes. Préparez le cheval à s'arrêter sereinement. Pour ceci, ralentissez un pied et le pied suivant doit s'arrêter dès qu'il touche le sol. Vous pouvez commencez ceci au pas, car il est plus facile pour débuter de savoir où sont les pieds de votre cheval à cette allure.

Si le cheval ne s'arrête pas ou mal, il est préférable de demander avec énergie au cheval de faire demi-tour avec une rêne puis de le faire repartir. Redemandez l'arrêt jusqu'à constater que le cheval a fait un effort pour s'arrêter. Alors, offrez-lui du confort en rendant les rênes et en lui laissant quelques minutes de repos. Ainsi, si le cheval ne fait pas d'effort pour s'arrêter de lui-même, il repart pour travailler et s'il fait un effort pour s'arrêter, même modeste, il est récompensé. Vous créez ainsi une situation où vous le laissez faire son choix, et le bon choix, qu'il finira par faire, sera celui de s'arrêter de lui-même quand il sent que votre corps demande l'arrêt.

Si vous devez tirer, ne tirez que d'un côté, car c'est en tirant des deux mains sur les rênes que vous lui donnez la possibilité de s'appuyer.

Pour l'aider à engager les postérieurs et remporter son poids sur l'arrière, c'est un apprentissage progressif. Il est bien qu'il apprenne à faire ceci de manière naturelle, et une bonne situation est en extérieur, quand vous descendez une forte pente ; alors il ne peut manquer d'engager. N'hésitez pas dans la pente à demander des arrêts, et même, par la suite, vous pouvez essayer de reculer dans la pente.

De retour sur le plat, pour perfectionner l'arrêt, ne pensez plus seulement à vous arrêter, mais à reculer. Si un cheval anticipe un reculé, il reporte son poids vers l'arrière.

Aucun cheval n'aime qu'on lui tire sur la bouche. Si vous lui laissez l'opportunité de s'arrêter sans le forcer à s'arrêter, votre cheval sera heureux de s'arrêter.


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mardi 12 janvier 2016

Plus fort que le vent

Ce soir j'ai monté Hidalgo et le temps était vraiment terrible. Il y avait une petite pluie glacée mais surtout un vent fort avec des rafales.

Les chevaux n'aiment pas le vent, surtout la nuit. Avec le vent, ils ne peuvent pas bien entendre et comme la nuit, il est aussi plus difficile de bien voir, il est pour eux beaucoup plus difficile de savoir si quelque chose dans leur environnement représente une menace ou non. Comme le vent fait bouger plein de choses, et que la nuit il y a plein d'ombre, ce n'est pas les "menaces" qui manquent. Bien sûr, il n'y a aucun danger, mais le cheval ne le sait pas et son instinct de survie peut immédiatement se réveiller. Quand cela arrive, le cheval peut d'abord se tendre et se crisper. Puis il peut résister à nos aides, et même faire des écarts. Enfin, si la peur monte encore, le cheval peut même échapper à la main pour chercher à s'enfuir. Pour lui, il peut penser que cela devient une question de vie ou de mort, et il oublie son cavalier pour ne penser qu'à sa survie. Avant d'en arriver là, il est préférable d'anticiper, et de faire en sorte que le cheval reste avec vous.

Hidalgo est comme les autres chevaux, il n'aime pas le vent ; il n'était pas à l'aise en se retrouvant dehors ce soir. Alors, j'ai enchaîné les exercices les plus variés possible : Transitions raoides, cessions, serpentines courtes, voltes, arrêts, pirouettes sur les antérieurs, reculés, rollbacks, turn-arounds.... Il était vraiment occupé, et comme ça, il n'a pas pensé au vent, aux ombres, aux bruits bizarres, ou toutes les choses qui auraient pu l'inquiéter.

Je ne lui ai demandé que des choses qu'il savait bien faire et il n'avait pas de question à se poser. J'étais totalement avec lui, et il est vraiment resté avec moi tout du long. On a travaillé qu'une quarantaine de minutes, sans prendre de repos; sa confiance n'a fait que s'améliorer et on a pu rentrer dans une complète sérénité. Il est important de pouvoir terminer sur une bonne note, alors que le cheval est totalement confiant. Si j'avais encore continué seulement dix minutes de plus, son état d'esprit n'aurait peut-être plus été aussi bon.

Ce soir, Hidalgo a été plus fort que vent.

Avec un peu de soutien et une préparation adéquate, votre cheval peut être un gagnant, même dans une situation qui est a priori difficile pour lui.



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