mercredi 21 septembre 2016

La douleur et le cheval

En cas de douleur, le cheval se comporte différemment, selon que la douleur est soudaine, ou qu'elle est continue et sourde.

La douleur continue

Quand la douleur est continue, en cas de blessure ou de maladie, le cheval va naturellement essayer de dissimuler la douleur. C'est un comportement instinctif naturel, lié au fait que dans la nature, une proie montrant qu'elle est faible va attirer les prédateurs.  Non seulement un cheval ne va pas "communiquer" sur sa douleur, mais son instinct de survie le pousse à ne rien laisser paraître.

Il est donc nécessaire d'être très observateur, et de savoir reconnaître les signes pouvant indiquer que le cheval a mal.

Un cheval qui change de comportement, devient plus nerveux ou au contraire qui semble résigné et qui baisse la tête, cela peut être dû à la douleur.

Parfois, la respiration peut devenir plus rapide et ses naseaux sont dilatés.

Son visage peut sembler plus tendu, avec les oreilles en arrière et la mâchoire contractée. Les yeux peuvent être mi-clos ou au contraire sembler plus écarquillés que d'habitude.
 Aussi, il peut avoir une position inhabituelle, ou changer de position en changeant son poids d'un côté à l'autre, ou encore piétiner. C'est souvent alors pour soulager une douleur sur un membre, une épaule, la hanche ou le dos.

Le cheval peut aussi ne pas vouloir se déplacer. Enfin, il peut moins manger ou moins boire.

Il peut transpirer.

Il peut aussi regarder là où il a mal.

Ces signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille. Certains de ces signes peuvent être présents ou absents, selon le cheval et selon la cause de la douleur.


Ce cheval a-t-il mal?

Pour confirmer qu'il ressent de la douleur,  vous pouvez essayer de le palper sur tout son corps, lentement et doucement. Attention, si vous avivez une douleur, il peut réagir vivement.

Vous pouvez aussi laisser une caméra filmer votre cheval et vous éloigner : laissé seul, le cheval peut avoir un comportement plus démonstratif car il n'éprouve plus la nécessité de dissimuler sa douleur.

La douleur une fois fortement suspectée ou confirmée, doit vous conduire à solliciter le vétérinaire avant que la douleur ne s'installe ou ne s'aggrave. 

Quand la douleur, un temps dissimulée, devient insupportable, le cheval peut soudain devenir très démonstratif. C'est en particulier ce qu'on observe dans les crises de coliques, avec un cheval qui se roule violemment, gémit, se tape le ventre...   

La douleur soudaine

Quand la douleur n'est pas continue et qu'elle est soudaine, le cheval peut réagir selon son caractère et la force de la douleur de deux manières différentes.

La première est qu'il peut essayer de supporter la douleur, en particulier si la douleur revient en permanence. Par exemple, si un cavalier qui porte des éperons donne des coups d'éperons à chaque foulée, le cheval peut finir par le supporter. Un cheval peut s'habituer à beaucoup de choses, mais nous devons être réceptif à ces petites douleurs car en s'y habituant, le cheval perd sa sensibilité.

La seconde est qu'il réagira vivement à la douleur, dans le but de l'éviter. Sa réaction peut alors ressembler à un comportement agressif. Ce n'est pas le cas: c'est juste un mécanisme de défense face à la douleur. En particulier, un cheval peut frapper des antérieurs, se cabrer, botter, mordre, etc.

Dans ce cas, il faut se retenir de punir le cheval, car punir un cheval qui a déjà mal, ça ne fait qu'ajouter de la douleur à la douleur et cela peut même créer un traumatisme durable, en particulier pour un jeune cheval.

Par exemple, si on soigne une blessure sur la tête d'un cheval et qu'en le manipulant, on exacerbe la douleur, le cheval peut se cabrer. Si, pensant à un comportement d'agression, vous punissez le cheval, par exemple en le tapant, vous risquez de le mettre dans un état de panique. Il sera ensuite très difficile pour lui d'accepter des soins dans le futur. Il peut aussi développer une peur de l'homme.

Le mécanisme de défense en cas de douleur peut aussi facilement se transformer en réel comportement agressif, s'il se révèle efficace pour échapper à la douleur.

Par exemple, si en serrant la sangle de selle trop fort, le cheval ressent de la douleur, il peut mordre. Aussitôt, on s'écarte et on relâche la sangle, et la douleur cesse. Il suffit de répéter cette séquence quelques fois et le cheval va ensuite mordre avant même que l'on serre la sangle. Une fois ce comportement acquis, il sera installé de manière durable et seule une rééducation permettra de le modifier.

Le meilleur moyen d'éviter tout ceci, c'est qu'en cas de comportement semblant agressif, de se demander s'il ne s'agit pas simplement d'une réaction à la douleur et d'en identifier la cause possible. Une fois la cause identifiée, il suffit de supprimer la cause, et le comportement ne se reproduira pas.

En comprenant les réactions possibles du cheval face à la douleur, il est possible de reconnaître quand le cheval souffre. Il est facile de passer à côté quand le cheval dissimule sa souffrance, ou qu'il a un comportement pouvant être interprété à tort comme agressif.

En identifiant cette douleur, vous pouvez alors être en position pour en déterminer la cause, afin d'agir de manière appropriée pour soulager votre cheval.


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