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vendredi 13 octobre 2017

Préparer avant plutôt que corriger après

Si on demande quelque chose à un cheval, il aura plus ou moins envie de répondre à votre demande selon ce qu'il souhaitait faire avant même votre demande.

Prenons un exemple : on monte un cheval et il a envie de s'arrêter. Au moment où vous demanderez l'arrêt, il sera content de s'arrêter et ne résistera pas à votre demande, puisqu'elle rejoint ce qu'il souhaitait.

Si au contraire il souhaitait galoper, il sera moins motivé pour s'arrêter. C'est votre idée, mais ce n'est pas son idée.

Pour que le cheval réponde à nos demandes avec envie, nous pouvons donc nous demander ce que nous pouvons faire pour que, avant la demande, le cheval entre dans un état d'esprit favorable.

Si par exemple on travaille l'arrêt depuis le galop, on peut galoper le cheval jusqu'au moment où on sent qu'il serait content de s'arrêter. Alors, on demandera l'arrêt et il sera alors content de l'effectuer.

Dans ce cas, il est possible que le cheval souhaite anticiper notre demande. Ce que nous voulons éviter, car nous voulons que le cheval trouve le confort uniquement en répondant à notre demande.

Dans notre exemple, si le cheval qui galope s'arrête sans qu'on le demande, on pourra lui redemander immédiatement le galop pour ensuite lui demander de s'arrêter.

Avec un étalon puissant monté sans mors, les demandes doivent être comprises et acceptées.


Comment préparer le cheval à notre demande?

Qu'est-ce qui peut lui apporter du confort? ou de l'inconfort ? Ce qui motive le cheval, c'est le confort et la sécurité. Nous pouvons utiliser ceci pour rendre désirable ce que nous souhaitons et indésirable ce que nous ne souhaitons pas. Si notre demande est vue comme étant susceptible d'apporter le confort alors il y répondra avec plaisir.

Où est son attention? Pouvons-nous attirer son attention sur autre chose? Si on doit aller dans une direction et que son attention est dans une autre direction, nous allons être en difficulté. Nous devons savoir en permanence vers quoi se porte son attention et comment rediriger son attention si nécessaire.

Souvent, nous demandons ce que nous voulons au cheval sans se préoccuper de son état d'esprit. S'il résiste, nous pensons à le corriger, à opposer notre volonté à la sienne. Nous agissons après coup et il est trop tard. En agissant avant la demande, en préparant le cheval, nous pouvons faire en sorte que notre demande soit facilement acceptée, sans force et sans conflit.

Si le cheval résiste à notre demande, plutôt que d'essayer de le contraindre à répondre à notre présente demande coûte que coûte, nous pouvons penser à la prochaine demande et voir ce que nous devons changer pour qu'elle soit cette fois acceptée.

Notre ego nous dicte que nous ne devons rien lâcher et qu'à chaque demande, il faut gagner pour ne pas le laisser gagner.  Mais le cheval ne recherche pas le conflit ; si confrontation il y a, c'est que nous avons appris au cheval ce que c'était. Il est plus avisé de ne pas créer la confrontation qui pourrait naître d'un refus dans l'instant, et de réserver notre énergie à travailler pour que la prochaine demande soit acceptée.
 

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jeudi 5 octobre 2017

Le rôle des mains dans le travail au sol

Dans le travail au sol du cheval, quand on utilise une longe et un licol, chacune de nos mains a un rôle précis. Il y a la main qui mène («leading hand») et il y a la main qui stimule («driving hand»).

La main qui mène permet de diriger le cheval en lui indiquant où il doit aller. Si on veut envoyer le cheval vers la gauche, c'est notre main gauche qui, sur la longe, est la main qui mène. Il doit être juste nécessaire de tendre le bras gauche dans la direction où le cheval doit aller, et il doit sans résistance suivre notre main.

Si on veut ensuite envoyer le cheval vers la droite, c'est la main droite qui devient la main qui mène. Si le cheval change de sens, les mains échangent leurs rôles, et donc échangent aussi leurs positions sur la longe.

La main qui mène


La main qui stimule crée de l'énergie au moyen d'une pression qui est dirigée vers une partie du corps du cheval. Pour créer cette pression, la main qui stimule peut prendre la fin de la longe, environ un mètre avant son extrémité. Il est alors possible de faire tournoyer la longe ou de tapoter le cheval avec.

Si on envoie le cheval vers un côté, la main qui stimule est en soutien de la main qui mène. C'est-à-dire qu'on utilise déjà la main qui mène seule. Si le cheval n'avance pas ou résiste, et donc ne suit pas notre main, alors la main qui mène ne doit pas tirer davantage mais juste maintenir la pression. C'est le cheval qui doit trouver qu'en se décidant à suivre notre main qui mène, alors la pression cesse immédiatement. Cependant si le cheval bloque ses pieds, la main qui stimule peut créer l'énergie l'aidant à réagir et à trouver la solution.

Un observateur peut plus facilement remarquer l'action de la main qui stimule à l'aide de la longe que la main qui mène qui est immobile. Il peut alors conclure à tort que c'est la main qui stimule qui formule la demande et croire que l'action démarre avec cette main. Il n'en est rien : la demande vient de la main qui mène et la main qui stimule n'intervient en soutien que si c'est nécessaire.

L'objectif est que l'on doit pouvoir diriger le cheval avec la main qui mène seule, et que le cheval suive notre main sans que jamais la longe ne se tende.

C'est une aide pour le cheval si on utilise un licol en corde, fabriqué avec une corde de 6mm ou 8mm de section, car avec un licol plat un cheval peut plus facilement s'appuyer dessus sans inconfort et développer une résistance. C'est aussi une aide pour lui, si la longe est une corde de bonne qualité, de 14mm de section. Une corde de bonne qualité pèsera plus lourd et le cheval saura plus facilement sentir son action sans qu'il soit nécessaire de la tendre. Une longe de 5m de long est suffisante pour la majorité des exercices au sol.

La main qui stimule aura une action différente selon la partie du corps du cheval vers laquelle la pression s'exerce et selon la position de notre main par rapport à son corps. Dans le travail au sol, en utilisant un «drapeau», formé d'une tige d'environ 1m50 avec au bout un sac plastique attaché, on aura plus de possibilités. On a alors comme un bras «télescopique» et il est possible de stimuler le cheval depuis des positions plus variées.

La main qui stimule peut utiliser un drapeau


Si on utilise un licol et une longe, et éventuellement un drapeau, on ne doit pas penser que ces accessoires s'utilisent de manière mécanique pour tirer ou pousser le cheval dans un sens ou un autre. Il s'agit avant tout d'outils de communication avec le cheval. Si, au travers de ces outils, l'usage de la pression est nécessaire, c'est pour amener le cheval à comprendre comment il doit répondre à nos demandes. Plus sa compréhension progresse, moins la pression est nécessaire.

Dans le travail au sol, on s'adresse donc avant tout au mental du cheval.  L'objectif n'est pas de dérouler des exercices «scolairement», mais de construire la relation avec le cheval.

Si au sol, le cheval suit votre main sur la longe sans résistance, il pourra suivre vos mains sur les rênes sans résistance une fois monté. S'il est souple, léger et détendu au sol, s'il est à votre écoute, s'il est confiant et volontaire, si vous pouvez contrôler ses pieds et les différentes parties de son corps, alors vous pourrez retrouver tout ceci quand vous le monterez.

La relation avec le cheval instaurée au sol pourra se transposer dans le travail monté.


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samedi 7 mai 2016

Et si on n'attache pas son cheval?

Lorsque l'on prépare son cheval, on lui met un licol et on l'attache. Mais pouvez-vous préparer votre cheval, le brosser, lui curer les pieds, le seller et le brider, tout ceci sans l'attacher ?

Vous pouvez essayer ceci, en ayant une longe qui soit assez longue, car vous devez pouvoir aller derrière votre cheval tout en étant à même d'avoir la longe qui repose dans le creux de votre coude.

Pourquoi vouloir faire ceci? Cela va vous demander d'être plus attentif, plus à l'écoute de votre cheval. Lui aussi, au lieu d'avoir conscience qu'il est attaché à un anneau, sera à la place attaché à vous, et donc plus attentif à vous.

Au début, le cheval va bouger, et vous devrez lui demander de reprendre sa place, dans le calme, mais autant de fois que nécessaire. S'il est à sa place, ne laisser aucune tension dans la longe, que son obéissance soit récompensée par le confort.

Sans doute que les premières fois, la préparation de votre cheval prendra deux fois plus de temps, mais peu à peu, il apprendra qu'il existe une place, avec vous, où il peut trouver du confort s'il choisit d'y rester.

OK, je ne bouge pas.

Quand vous pouvez préparer votre cheval en main aussi bien que s'il était attaché, vous pouvez essayer de déposer la longe au sol en faisant un tas devant lui. Il est alors "attaché au sol", et dès qu'il se déplace, vous devez intervenir pour le replacer. Au bout d'un moment, il comprendra qu'il doit rester là où vous le souhaitez, et il sera aussi bien "attaché" au sol qu'il le serait sur un anneau. Cependant, pratiquez ceci dans un endroit calme, sans autres chevaux, sources de nourriture ou autres distractions, qu'il puisse plus facilement se concentrer sur vous.

Ce sont de petits exercices simples, et ils permettent de resserrer le lien avec le cheval. C'est aussi une pratique possible pour un cheval qui tire au renard au cours de sa rééducation.

(sur la rééducation du cheval qui tire au renard, voir cet article)



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jeudi 28 avril 2016

Tom Dorrance : Quand l'homme et le cheval ne font qu'un

Tom Dorrance a été surnommé "le Saint Patron des Chevaux" ou aussi "l'Avocat des Chevaux". Il est considéré comme le "père fondateur" du mouvement éthologique ("natural horsemanship"). Il inspira l'écrivain Nicholas Evans pour le personnage de Tom Booker dans le livre "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (The Horse Whisperer)", porté à l'écran par Robert Redford.

Pourtant, ce cowboy modeste était peu impressionnant (Tom mesurait 1m68 et pesait au plus 68 kg). Il a fuit les honneurs, il n'a jamais gagné aucune compétition et n'a jamais cherché à tirer profit de sa renommée.

Tom Dorrance est né le 11 mai 1910 en Oregon, dans le Wallowa County. Il passe son enfance dans le ranch familial à Crow Creek, avec son père, William "Church", sa mère, Minnie, et ses 7 frères et sœurs. Il aimait se présenter comme "l'avorton de la famille".

Dans le modeste ranch de 6000 acres avec 650 vaches de race Hereford, Tom doit aider sa famille à s'occuper du bétail dès le plus jeune âge. De petite constitution, il ne peut certainement pas compter sur la force pour dominer les chevaux afin de faire son travail avec leur aide.

Bien que ses parents soient assez stricts, ils lui laissent aussi une grande liberté, et il passe beaucoup de temps à observer les animaux et en particulier les chevaux. Très observateur et doté d'une mémoire exceptionnelle, il expérimente, analyse, et apprend à les comprendre.

Capable de voir les choses du "point de vue du cheval", il comprend leurs réactions, ce qu'ils veulent, ce dont ils ont peur... dès le plus jeune age, il sait qu'il ne doit pas forcer le cheval à faire quelque chose, mais qu'il est plus efficace de lui permettre de comprendre ce qu'il doit faire.

Ce n'est qu'en 1960, après la mort de ses parents et une fois le ranch familial vendu, que Tom, célibataire de cinquante ans, commence à vouloir partager ce qu'il a appris sur le cheval. Il achète une petite caravane et commence à aider les gens avec leurs chevaux en Californie et dans le Nevada.

Il réalise alors que, s'il sait comprendre et communiquer avec les chevaux, faire la même chose avec êtres humains est bien plus ardu.  Pour gérer un comportement donné du cheval, les gens souhaitent apprendre une méthode simple à appliquer. Tom, pour sa part, perçoit ce qui se passe au plus profond du cheval, et distingue la raison précise et unique de son comportement. Quand on lui demande que faire dans telle ou telle situation, il ne sait que répondre "ça dépend". Avec Tom, il n'y a pas de recette toute faite, mais uniquement la nécessité de comprendre chaque cheval et de s'adapter à lui.

En 1960, Ray Hunt un homme de cheval déjà réputé, vient chercher de l'aide auprès de Tom à cause d'Hondo, un cheval particulièrement difficile. Bientôt Hondo devient aussi doux qu'un mouton. C'est le début d'une fructueuse collaboration, avec l'invention des "clinics" (stages itinérants) où ils enseignent cette nouvelle manière de travailler avec les chevaux. De nombreux hommes de chevaux, maintenant célèbres comme Martin Black, Joe Wolter, Bryan Neubert, Buck Brannaman ou Pat Parelli diffusent cet enseignement.

Tom se marie en 1966 avec Margaret qui jouera un rôle important dans sa vie. Tom va progressivement apprendre à être presque autant à l'aise avec les êtres humain qu'avec les chevaux.

En 1987, Tom détaille sa philosophie dans son livre "True Unity" (l'unité véritable) qui évoque la communication entre l'homme et le cheval. Ce livre a été magnifiquement traduit en français par Antoine Cloux, l'homme de cheval Suisse qui a connu Tom. C'est sans doute un des livres les plus importants pour comprendre le cheval, et il demande de nombreuses lectures pour en tirer pleinement parti.

Le Livre "True Unity"


Tom enseignera et guidera ceux qui venaient chercher son aide jusqu'à la fin de sa vie, le 11 juin 2003.

Tom était un homme de cheval unique. Et aussi un homme unique. Bien qu'il reste méconnu en dehors des États-Unis, son influence est considérable.

il a changé, directement ou indirectement, notre perception du cheval.


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Référence du livre:

True Unity : Quand l'homme et le cheval ne font qu'un : les fondements de l'équitation éthologique.
Par Tom Dorrance, traduction Antoine Cloux
Editions Zulma
Collection l'équitation autrement
  • ISBN-10: 2843045878
  • ISBN-13: 978-2843045875


Quelques liens (en anglais) pour aller plus loin:

Le site de Tom Dorrance http://www.tomdorrance.com/

Remembering Tom Dorrance http://eclectic-horseman.com/remembering-tom-dorrance/

Tom Dorrance, more than a horseman : http://eclectic-horseman.com/tom-dorrance-more-than-a-horseman/
   
Timeless teachings of a master horseman http://ranchandcountry.com/article_info.php?articles_id=19

Tom Dorrance, Natural Horsemanship pioneer http://equusmagazine.com/article/dorrance080703

True Unity http://americashorsedaily.com/true-unity/#.VyJhJSafFC0

Tribute to Tom http://www.johnsaintryan.com/tributetotom.html

Nine nuggets of wisdom https://horseandriderbooks.wordpress.com/2013/10/22/nine-nuggets-of-horse-wisdom-from-tom-dorrance-and-what-they-can-mean-to-you-and-your-horse/

Changing the way we train http://horseandrider.com/article/changing-train-26619

Horse Sense http://www.people.com/people/archive/article/0,,20106907,00.html

Dorrances Legacy http://besthorsepractices.com/tom-bill-dorrance/ 

AQHA - True Unity
https://www.aqha.com/daily/riding/2017/february/true-unity/
Page Facebook de Tom et Bill Dorrance : https://www.facebook.com/TBDorrance/

Remembering Ray Hunt http://eclectic-horseman.com/remembering-ray-hunt/

Le site d'Antoine Cloux, traducteur de Tom Dorrance http://www.antoinecloux.ch/


mardi 26 avril 2016

Collé au copain

Certains chevaux ont du mal à se détacher d'un ou plusieurs copains. Cela peut déjà être perceptible dans la carrière, et c'est souvent encore plus notable en extérieur lors d'une ballade à plusieurs. Cela peut devenir un vrai problème quand on veut s'éloigner et que le cheval se met à faire toute une histoire.

Ce comportement est compréhensible car le cheval est un animal grégaire qui trouve sa sécurité dans le groupe. On peut sans s'en rendre compte accentuer ce comportement en ballade, car parfois on va doucement au pas quand on discute avec un ami et, quand on demande le trot ou le galop, on s'éloigne. Le cheval peut vite apprendre que rester proche d'un ami permet de se reposer alors que s'éloigner va se traduire par une demande d'effort supplémentaire.



Dès qu'on s'éloigne et que le cheval résiste et veut revenir près du copain, on essaie de le forcer à continuer de s'éloigner. Bientôt une bataille entre nous et le cheval démarre, qui ne fait que confirmer au cheval que s'éloigner du copain ne sera jamais qu'une source d'inconfort.

Plutôt que de forcer le cheval, il est préférable de créer une situation dans laquelle s'éloigner sera tout à son bénéfice ; il décidera alors de lui-même de s'éloigner.

Pour ceci, demander à un ami de tenir le copain de votre cheval. Montez votre cheval, et restez rênes lâches, en le laissant choisir où aller. Forcément, votre cheval va décider d'aller vers le copain. Dès que c'est le cas, demandez à votre cheval d'avancer : utilisez vos jambes et faites-le travailler avec vigueur, toujours en lui laissant le choix de la direction. Dès que le cheval s'éloigne du copain, cessez toute pression. Il va alors se rapprocher à nouveau, et dès qu'il commence à le faire, remettez à la pression à nouveau. Vous allez ainsi alterner des moments de travail et de repos, selon que le cheval se rapproche ou s'éloigne du copain. Soyez régulier et cohérent dans cet exercice, et faites preuve de patience. Ne pensez pas à votre repas : il faudra prendre tout  le temps nécessaire jusqu'à ce que le cheval comprenne comment résoudre le problème que vous lui posez. Parfois cela peut demander dix minutes, quinze vingt ou plus encore, tout dépend du cheval.

Au bout d'un moment, votre cheval va comprendre qu'être avec son copain n'est finalement pas si confortable que ça et que prendre la décision de s'éloigner lui permet de se reposer. Dès que le changement de comportement est notable, félicitez votre cheval, et arrêter pour la journée.

Il faudra certainement répéter cet exercice sur plusieurs jours pour un résultat durable, puis commencer à pratiquer cet exercice en extérieur.

Avec certains chevaux, il peut être aussi utile, quand il se rapproche trop du copain, de demander à votre ami qui le tient, de lever les bras (si le copain est assez calme pour supporter ça sans être effrayé).

Sachez aussi récompenser le moindre effort. Au début votre cheval aura envie de tourner autour de son copain : dès que le cercle s'agrandit, c'est déjà quelque chose que vous pouvez récompenser en cessant la pression.

Quand un cheval n'aime pas quitter son écurie, on peut aussi avoir une approche similaire.


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dimanche 20 septembre 2015

Les chuchoteurs n'existent pas

Le terme du "chuchoteur" pour les chevaux ("Horse Whisperer") est apparu pour la première fois au XIX siècle, pour surnommer Daniel Sullivan, un homme de cheval Irlandais qui fit carrière en Angleterre. Il s'occupait des "chevaux à problèmes" et restait très secret sur ses méthodes, allant même se cacher seul avec le cheval dans un hangar ou une écurie. Comme les gens ne comprenait pas ce qu'il faisait, ils imaginaient qu'il parlait le langage des chevaux et leur chuchotait à l'oreille.

Sullivan le Chuchoteur, par Harrison Weir

Ce mot de "chuchoteur" est devenu réellement célèbre, avec le film "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", avec Robert Redford, Kristin Scott-Thomas et Scarlett Johansson. Ce film est tiré du livre de Nicholas Evans, écrivain anglais.
Le personnage du  chuchoteur, Tom Booker, joué par Robert Redford, est inspiré de trois hommes de chevaux américains : Tom Dorrance, Ray Hunt et Buck Brannaman ("Tom, Buck, Ray" = "Tom Booker"). Nicholas Evans les avait rencontrés en 1994, pour préparer son livre qui devait sortir en 1995.

Que pensaient les principaux intéressés de cette appellation de "chuchoteur"?

Tom Dorrance n'apprécia guère le livre. Nicholas Evans lui écrivit une longue lettre pour s'expliquer, mais n'obtint jamais de réponse.

A la mort de Bill Dorrance, le frère de Tom Dorrance, voilà ce que déclarait Ray Hunt:

"Il n'y a rien de tel qu'un chuchoteur ; ça n'a jamais existé, et ça n'existera jamais. Cette idée est un affront fait au cheval. Vous pouvez parler et écouter les chevaux autant que vous voulez, et si vous faites vraiment attention, vous verrez qu'ils vivent sur cette terre au-delà du langage, et ce langage, quelle que soit la manière dont vous le caractérisez, est une piètre image de ce que les chevaux comprennent d'eux-mêmes et des humains. Vous ne devez pratiquer que trois choses : la patience, l'observation et l'humilité (...) il n'y a pas de mysticisme ou de magie, juste la reconnaissance de notre lien de parenté avec le cheval"

Quand  à Buck Brannaman, qui fut conseiller sur le film, et doubla plusieurs fois Robert Redford, les cheveux teints en blond, il précise:

"Quelqu'un qui ne connaît rien aux chevaux pourrait être trompé, en étant conduit à penser que l'approche est cosmique ou mystique. Il n'en est rien. N'importe qui peut le faire, s'il a la passion de le faire et peut y consacrer assez de temps. Ces gens sont des hommes ou des femmes de chevaux, pas des chuchoteurs"

A une autre occasion il précisa avec humour:


"Si quelqu'un vient à vous et se présente comme étant un chuchoteur, mettez votre main sur votre portefeuille et enfuyez-vous aussi vite que possible !"


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