samedi 15 septembre 2018

Reconnaître l'instinct de survie du cheval

Nous le savons : le cheval est une proie, et sa nature fait que son instinct de survie est très fort.

Pourtant nous avons parfois tendance à oublier ce fait. Nous voulons que le cheval réponde à nos demandes ; quand il résiste ou veut se soustraire à nos demandes, nous pensons qu'il se moque de nous et que nous devons faire preuve d'autorité. Pourtant, il se peut que si le cheval agit comme il agit, ce n'est pas par malice, mais parce qu'il suit son instinct de survie.

Quand le cheval est préoccupé, il a besoin qu'on reconnaisse ce sentiment en lui. Il a besoin de voir qu'on comprend sa préoccupation et ce qui la cause. Il veut voir qu'on adapte notre attitude et notre comportement en fonction de ce qu'il ressent.

Le simple fait que l'on adapte notre attitude quand il est préoccupé lui montre qu'on reconnaît ses sentiments. Cela ne veut pas dire qu'on doit laisser le cheval prendre le dessus, ni qu'on doit le cajoler et le surprotéger à la moindre émotion. Il s'agit juste de comprendre ce qu'il ressent et de le guider et de l'aider.

Si alors que son instinct de survie est engagé, nous reconnaissons ce sentiment en lui et nous agissons pour lui apporter confort et sécurité, alors nous obtiendrons sa confiance. Il est prêt à nous suivre, non pas parce qu'on est «supérieur» mais parce qu'on sait lui montrer le chemin de ce qu'il doit faire pour retrouver la sécurité.



Ceci semble simple, mais souvent nous passons à côté de la compréhension dont le cheval à besoin.

Parfois le cheval est préoccupé, mais nous nous en rendons pas compte. Ou nous tardons à le réaliser. Ou on le réalise, mais nous ne comprenons pas la cause de son émotion. Nos sens sont moins sensibles que ceux du cheval ou nous ne sommes pas assez attentifs. Il se peut aussi qu'on perçoit ce qui préoccupe le cheval, mais qu'on ne comprenne pas que cette chose puisse causer une telle émotion. Quand un cheval est préoccupé, il ne simule jamais. Si on n'en comprend pas la raison, ce n'est pas qu'il agit sans raison : c'est que nous n'avons pas encore réussi à comprendre la raison. Nous devons alors nous efforcer à identifier cette cause et à comprendre la réaction qu'elle provoque.

Parfois nous comprenons que le cheval est préoccupé, et même nous comprenons ce qui le préoccupe, mais nous décidons de ne pas le prendre en compte. Autrement dit, nous pensons que le cheval doit avant tout répondre à nos demandes, et donc nous ignorons son état d'esprit et nous n'adaptons pas notre approche et notre attitude. Si nous agissons ainsi, il faut réaliser que cela peut être très angoissant pour le cheval lorsqu'on ignore totalement ce qu'il ressent. Si son instinct de survie est déjà engagé, cela ne fera qu'aggraver la situation, et le cheval sera encore moins en capacité de répondre à nos demandes.

Le cheval a besoin de savoir que quoiqu'il arrive, nous sommes avec lui. Il a besoin de comprendre qu'on ressent ce qu'il ressent, à chaque instant, et qu'on agit en fonction de ce qu'il ressent. Le cheval aussi ressent ce que nous ressentons et agit en fonction. Il le fait en permanence et attend la même chose de nous.

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dimanche 12 août 2018

Ensemble au sol

Au sol et le cheval en main,le cheval doit avancer avec nous. Il doit rester à nos cotés, sans qu'il soit nécessaire de tendre la longe et sans qu'il cherche à nous devancer.

Si on marche lentement, le cheval marche lentement. Si on marche vite, il marche vite. Si on court, il trotte avec nous.

Quelle que soit la vitesse, si on tourne à gauche ou à droite, il nous suit, sans qu'il soit nécessaire de le pousser ou de le tirer, car il garde une distance constante avec nous.

Si on s'arrête, il s'arrête. Si on recule, il recule. Il suit chacun de nos pas.

Le cheval doit être avec nous au sol, quelles que soient les circonstances. Dans la carrière ou le manège, dans les allées de l'écurie, en extérieur, que le cheval soit distrait, effrayé ou attiré par quelque chose.



C'est un objectif simple que l'on peut se fixer: qu'au sol, le cheval soit toujours avec nous. C'est une unité à créer. Nous menons et il suit ; c'est comme un enfant qu'on tient par la main, ou comme un couple de danseurs où l'un mène la danse et l'autre partenaire se laisse guider.

Créer cette unité au sol est moins simple qu'il n'y paraît. C'est une chose simple et qui n'a rien de spectaculaire, mais c'est une petite chose qui fait une grande différence.

Parfois, on me demande: «quel est le meilleur exercice à faire dans le travail au sol ?». Une chose simple mais importante à travailler est que le cheval reste avec nous quoi qu'on fasse et quoi qu'il arrive.

Comment espérer que le cheval soit vraiment avec nous quand on le monte, si déjà au sol,  nous n'avons pas réussi à créer par la communication une relation d'unité?

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dimanche 1 juillet 2018

Sauter en liberté

Le travail au sol est un moyen pour améliorer le travail monté. Si on fait sauter un cheval au sol, cela peut être un moyen pour l'aider à mieux sauter une fois monté. En particulier, un cheval qui manque de confiance, dérobe ou pile face à l'obstacle peut bénéficier de ce travail au sol, et ceci sans risque de chute pour le cavalier.

Il est possible de faire sauter un cheval en main, mais il est facile de le gêner avec la longe. Si le cheval possède les bases du travail en liberté, il sera plus commode de le faire sauter en le laissant libre. L'idéal est de travailler dans un petit manège dans lequel on peut facilement rester avec le cheval.

En démarrant au plus facile et en procédant très graduellement, la progression sera plus facile et plus certaine. Le plus facile est de démarrer avec un seul obstacle et de positionner celui collé à la longueur du manège. Le cheval pourra toujours l'éviter en passant par l'intérieur, mais il ne pourra pas se dérober par l'autre côté.

Quelle hauteur d'obstacle pour démarrer? Le plus facile, c'est de commencer avec la barre au sol. Le premier objectif est que le cheval doit comprendre qu'il doit passer l'obstacle, et laisser la barre au sol va l'aider.





Il suffit alors de marcher avec le cheval sur la piste. Quelques mètres avant l'obstacle, on se met à trottiner pour que le cheval trotte également et on désigne l'obstacle. Quand le cheval est bien face à l'obstacle, on se met en retrait et on laisse le cheval sauter la barre. Après le saut, on le félicite et on lui laisse le temps d'apprécier son exploit.

Cela doit toujours rester le choix du cheval que de sauter ou de ne pas sauter. On ne doit pas chercher à «coincer» le cheval d'une manière ou d'une autre pour le forcer à sauter. S'il saute, il est récompensé, s'il ne saute pas, alors ce n'est grave, il suffit de continuer à courir avec lui, de refaire un tour, et il y aura une nouvelle chance. Peut-être qu'il faudra plusieurs tours avant qu'il ne choisisse de sauter. À nous d'être patient, et de continuer jusqu'au moment où il prendra la décision que l'on espère.

Nous rendons facile la bonne chose et difficile la mauvaise chose. La «bonne chose» c'est que le cheval saute, ce qui lui amène le confort : félicitation et repos. La «bonne chose» c'est aussi que le cheval accepte de se mettre face à l'obstacle, prêt à sauter, et c'est pourquoi se mettre en léger retrait au moment du saut est important. Nous faisons moins de pression sur lui en prenant un peu de distance, et cela le récompense d'aller vers l'obstacle.



La «mauvaise chose», c'est qu'il dérobe ou pile. Il suffit alors de le faire repartir avec énergie. Cela lui demande de continuer à travailler et cet inconfort est suffisant. Il est inutile de réprimander.

On offre un choix au cheval, sauter ou ne pas sauter. L'un de ces choix apporte un inconfort et l'autre le confort. Il va prendre sa décision, qui est de sauter.

Quand le cheval réussit à sauter à une main, alors on peut le faire sauter à l'autre main.

Quand il a sauté aux deux mains, on peut lever la barre un cran plus haut.



Quand il saute bien l'obstacle sur le bord du manège, on peut rapprocher l'obstacle du centre du manège. Alors le cheval pourra dérober des deux côtés et c'est une difficulté. Pour faciliter cette transition, on pourra remettre la barre au sol et commencer à la remonter au fur et à mesure des succès.

Quand le cheval passe un obstacle de manière fiable, quelque soit son emplacement, on peut essayer d'ajouter un obstacle. Puis, un troisième quand cela fonctionne avec deux, et ainsi de suite jusqu'à avoir un parcours.

Il est aussi possible de varier les obstacles, d'en changer le type, d'y ajouter des objets étranges, comme une bâche, un parapluie, un drapeau...

Il n'y a que notre imagination qui peut nous limiter ; il s'agit à la fois de varier les choses pour maintenir l'intérêt du cheval et le faire progresser tout en restant progressif pour qu'il finisse toujours par réussir.

Si le cheval ne réussit pas car on lui en a demandé trop, alors il ne faut pas hésiter à revenir en arrière et à lui proposer à nouveau quelque chose qu'il va réussir. Chaque séance doit se terminer sur un succès. L'important n'est pas d'arriver à un résultat donné un jour donné : il y aura toujours un lendemain pour faire mieux qu'hier. L'important est que le cheval gagne en confiance, dans les obstacles, en nous, et en lui-même. Quand c'est le cas, on pourra être surpris de voir le cheval prendre un grand plaisir à sauter à nos côtés.

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